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Demain, le Hirak sera au rendez-vous pour le dernier vendredi avant le jour de l’élection présidentielle. Une journée durant laquelle les Algériens devraient exprimer, encore et toujours, leur refus du processus actuel considéré comme un « fait accompli ». Cet ultime vendredi avant le jour J s’annonce ainsi particulièrement tendu. La dernière semaine de la campagne électorale, durant laquelle les cinq candidats auront tenté de convaincre les électeurs, touche à sa fin, une grande partie des Algériens continue à exprimer son refus du processus actuel et aussi le langage de plus en plus dur usité par les responsables du pouvoir concernant les partisans du boycott. A quelques jours de la fin de la campagne, les cinq candidats en lice ne trouvent toujours pas grâce aux yeux des contestataires du Hirak, plus que jamais engagés dans une revendication politique profonde. Le dérapage verbal du ministre de l’Intérieur, concernant les réfractaires à l’élection présidentielle du 12 décembre, aura provoqué un émoi et une grande colère qui ne feront assurément que renforcer les contestataires dans leur conviction. Le mouvement de protestation hebdomadaire devrait réagir fortement à cette étrange attitude d’un ministre de la République à une encablure d’un rendez-vous électoral déjà chargé d’une grande tension. Alors que la pression était déjà palpable au fur et à mesure que la date du 12 décembre approchait, les phrases du ministre de l’Intérieur sont venues ajouter à la tension. Et à l’embarras. D’autant que le ministère de l’Intérieur n’est pas, pour une fois (en tout cas officiellement), chargé d’organiser le scrutin du 12 décembre et d’en annoncer les résultats. Ce « dérapage » largement condamné devrait sans nul doute mobiliser davantage les Algériens dans leur contestation. Les mots virulents et à la limite de la bienséance du ministre de l’Intérieur à l’encontre de ceux qui refusent l’élection présidentielle dans leur forme actuelle, n’ont pas laissé indifférent. Les médias et la blogosphère algérienne ont longuement commenté cette intrusion dans un débat politique sur fond d’une crise sans fin.

En attendant le 13 décembre
Les Algériens, qui sortent depuis le 22 février chaque vendredi exprimer leur désir de changement et leur refus des solutions de façade, devraient à l’évidence être nombreux demain dans les rues de la capitale et des grandes villes du pays afin de confirmer la tendance le dernier vendredi avant le jour du vote. La crise politique semble à l’évidence partie pour durer au-delà de cette élection du nouveau Président de la République. Ce dernier devrait ainsi hériter d’une situation inconfortable, celle de devoir se placer comme « le Président de tous les Algériens » et entamer une inévitable ouverture vers le mouvement de contestation dans le but de mettre fin à la crise. La campagne électorale de cette élection présidentielle, qui devrait en principe arriver à son terme dimanche prochain, n’aura finalement jamais atteint le fameux rythme accéléré habituel dans ce type de joute politique. Le Hirak a, de son côté, « accompagné » de façon hebdomadaire cette campagne en exposant le refus de la politique préconisée actuellement par le pouvoir. Durant cette campagne, les Algériens favorables à l’élection présidentielles du 12 décembre ont tenté, de leur côté, de sortir dans la rue pour exprimer leur volonté d’aller voter. Ce qui finalement n’aura fait que susciter davantage de tension dans une rue algérienne particulièrement clivée. La campagne électorale aura été, comme prévu, compliquée dans un contexte politique particulièrement tendu. Le long de cette campagne, chaque vendredi et mardi, les marches de contestation ont interagit, méthodiquement, avec l’actualité, les événements et les déclarations des différents acteurs. Maintenant une constance remarquée malgré le dénigrement entretenu. Avec cette ultime vendredi, le mouvement populaire devrait encore une fois réaffirmer le rejet d’une option loin de constituer une solution à la crise de l’après-Bouteflika. Le vendredi d’après, celui du 13 décembre, sera le lendemain d’une élection qui restera jusqu’au bout indécise.