Le dossier de la gestion des ressources hydriques et l’alimentation en eau potable refait surface en Conseil des ministres, alors que les débits de pluviométrie déversés dans les barrages depuis le début de la saison hivernale restent toujours insuffisants pour remédier au programme de restriction de ce liquide précieux appliqué à plusieurs wilayas du pays, notamment au Centre, depuis l’été dernier.

Par Fereil Nourine
Dans un pays constamment exposé à un déficit en eaux pluviales, le recours au dessalement de l’eau de mer a été de nouveau mis en avant par Abdelamdjid Tebboune en guise de solution au stress hydrique. Partant du diagnostic établi pour les wilayas d’Alger, Oran et Constantine, le président de la République a estimé que pareille alternative est incontournable. Il a, en ce sens, instruit les responsables concernés «d’accélérer l’entrée en exploitation des cinq stations de dessalement», indique un communiqué de la Présidence.
Dans le même ordre d’idées, M. Tebboune a instruit de «l’arrêt de toutes les opérations de forage de puits destinés à approvisionner les réseaux d’alimentation avec les eaux souterraines, dans l’objectif de préserver les réserves stratégiques et de protéger la flore contre les risques écologiques» ainsi que de la «nécessité d’une gestion optimale des eaux de barrage de manière à assurer une distribution équilibrée entre les wilayas».
Il est sans doute utile de noter que c’est la seconde fois en un mois et demi que le dossier de l’eau s’invite en Conseil des ministres. Lors de la même réunion du genre tenue le 13 février, le chef de l’Etat avait donné des instructions pour «mettre en place un nouveau plan de distribution de l’eau garantissant un approvisionnement régulier, à partir du mois sacré du Ramadhan et en prévision de la saison estivale».
Dans le même contexte, il avait ordonné de procéder à un examen, une évaluation et une définition du véritable volume de consommation quotidienne de l’eau potable, l’étude devant se faire durant un (1) mois au niveau des wilayas d’Alger, Oran et Constantine.
Cet examen vise à «revoir le plafond de production et de distribution, car le véritable chiffre indiciaire actuel est exagéré et atteint dans la capitale un million et 250 mille mètres cubes pour quatre millions de citoyens», avait-il été expliqué.
Mais lors du dernier Conseil des ministres, c’est une autre problématique dans la gestion des ressources hydriques qui a été mise sur la table par le Président. Et bien plus que des instructions à valeur d’orientations, c’est surtout une correction de la démarche suivie actuellement par le ministère des Ressources hydriques que dégage la nouvelle intervention de Abdelmadjid Tebboune. Notamment lorsqu’il ordonne l’arrêt des opérations de forage des puits, quelques jours après la sortie du ministre du secteur qui vantait le programme d’urgence en la matière auquel recours son département actuellement.
Lors de son passage, il y a quelques jours, devant l’APN, Karim Hasni s’était réjoui de ce programme qui prévoit l’exploitation de ressources supplémentaires à partir des eaux souterraines, à travers la réalisation de 800 puits, dont la moitié est entrée en service, tandis que 400 puits sont en cours de réalisation à un stade très avancé, a-t-il précisé.
Une mauvaise piste pour régler le problème de l’eau potable, si l’on se fie aux nouvelles instructions du président de la République.
Quant au recours au dessalement de l’eau de mer, les instructions du Président se suivent et se ressemblent à propos des projets de cinq stations de dessalement d’eau de mer. Au lendemain de la mise en place du programme de rationnement de l’eau potable, l’été dernier, la réalisation de trois parmi ces cinq stations avait été annoncée pour la fin de 2021. A la fin du premier trimestre 2022, ces infrastructures sont visiblement toujours au stade de projets. <