Par Feriel Nourine
Les fortes pluies qui s’abattent sur de nombreuses régions du pays depuis plusieurs jours n’ont pas généré que des inondations et les multiples dégâts qui s’en suivis. La pluviométrie généreuse enregistrée a également été d’un apport hautement bénéfique pour les barrages, portant leur taux de remplissage à 33%.
C’est le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni, qui a fait part, hier, de ce taux, quelques jours après avoir annoncé que les barrages avaient atteint un taux de remplissage de 32,26%.
Comprendre que le remplissage s’est poursuivi à plus fort débit, grâce à l’apport des pluies durant la période comprise entre le 5 et le 10 novembre, permettant une collecte de 143 millions de mètres cubes d’eau dans les barrages au niveau national, a expliqué M. Hasni, en marge de la signature, entre son département et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, d’un accord-cadre portant sur la coopération dans les domaines de la formation, de la recherche et du développement technologique entre les deux secteurs.
Les barrages situés dans l’Est du pays ont enregistré le plus grand taux de remplissage, soit 38%, contre 32% pour les wilayas de l’Ouest, et 10% seulement pour ceux implantés dans le centre, a détaillé le premier responsable du secteur. Un taux national excédant les 35% suffirait à passer l’été prochain à l’aise en matière de disponibilité d’eau dans les robinets, a-t-il aussi rassuré. Il rappelle que son département ministériel compte actuellement sur les eaux souterraines, en attendant le lancement d’usines de dessalement d’eau de mer en guise d’alternative aux barrages, notamment dans la capitale qui assiste à l’achèvement de trois usines de dessalement à l’Est.
Des projets qui doivent être réalisés dans le respect des échéances qui leur ont été fixées, d’autant que le taux de remplissage des barrages du centre du pays reste bas et n’écarte pas encore le spectre d’un autre été douloureux, après celui vécu, cette année, par des Algérois à travers une crise d’eau qu’ils n’avaient plus connue depuis de nombreuses années.
L’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) a livré, mercredi dernier, un rapport détaillé sur la situation de 75 barrages du territoire national. A ce jour, leur taux de remplissage était de 32,58% après une collecte estimée à 18 550 600 m3 depuis le début des dernières précipitations. Cette augmentation des volumes d’eau emmagasinés à travers les 75 barrages du pays a été enregistrée grâce aux apports des derniers épisodes pluviométriques qu’ont connus plusieurs wilayas du pays ces derniers jours, a souligné la même source. Le volume global mobilisé actuellement au niveau de l’ensemble des barrages en exploitation est de 2,3 milliards m3, correspondant à un taux de remplissage de 32,58%, a ajouté la même source
S’agissant de la situation hydrique par région, les données de l’ANBT précisent que l’apport enregistré à l’Ouest du pays a atteint 1 493 600 m3, portant le volume mobilisé à 207,82 millions m3, soit un taux de remplissage de 22,60%. Pour la région Cheliff, l’apport enregistré a atteint 2 734 000 m3, portant le volume mobilisé à 288,59 millions m3 et le taux de remplissage à 18,11%. La région Centre, quant à elle, a enregistré des apports de 9 794 000 m3, hissant les volumes mobilisés à 150,14 millions m3 et le taux de remplissage à 08,86%. Pour la Région Est, l’apport enregistré a atteint 4 529 000 m3, correspondant à un volume mobilisé de 1,66 milliards m3, soit un taux de remplissage de 57,65%.
S’agissant de l’état des barrages, à travers le territoire national, 10 barrages affichent un taux de remplissage supérieur à 80%, selon l’ANBT, à savoir Kissir (Jijel) avec un taux de remplissage de 82,60%, Boussiaba (Jijel) à 87,90%, Beni Haroun (Mila) à 87,54%, Beni Zid (Skikda) à 85,23%, Zit El Emba (Skikda) à 81,03%, Ouldjet Mellegue (Tébessa) à 87,86%, Tagharist (Khenchela) à 82,33%, Mexa (El Tarf) à 86,35%, Oued Taht (Mascara) à 95,40% et Fergoug (Mascara) à 99,22%. Néanmoins, souligne l’agence, 46 barrages affichent un taux de remplissage inférieur à 30%. n