La situation est davantage inquiétante dans le Centre et l’Ouest du pays…

Par Feriel Nourine
Le fort déficit en pluviométrie, enregistré par l’Algérie, continue à faire remonter en surface son impact sur les ressources hydriques du pays. Notamment au Centre et à l’Ouest où les taux de remplissage des barrages restent nettement en deçà des niveaux affichés avant l’année 2021, qui avait vu la sécheresse s’installer et plonger une bonne majorité d’Algériens dans une crise d’eau qui perdure toujours.
Hormis l’Est du pays, où les indicateurs autorisent la satisfaction et l’assurance quant aux cumuls d’eau pluviale emmagasinés actuellement, les barrages d’eau dans d’autres wilayas ont accueilli des quantités plutôt insignifiantes depuis l’entame de la saison hivernale par rapport à leur état de quasi sécheresse et donc de besoins beaucoup plus conséquents en matière de générosité du ciel.
C’est le cas notamment au Centre où les pluies de ces derniers jours ont, certes, apporté quelques volumes supplémentaires, sans pouvoir pour autant pouvoir combler le déficit qui frappe sèchement les wilayas alimentées en eau potable par les barrages de cette région. Les paysans de ces wilayas peuvent peut-être renouer avec l’espoir d’une saison agricole plus ou moins sauvée par les dernières intempéries, mais ce n’est sans doute pas le cas pour les ménages qui doivent attendre encore beaucoup plus de pluies dans les barrages pour envisager un été moins sec que celui de l’année dernière.
C’est en tous les cas ce qui ressort des chiffres communiqués, jeudi, par le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni. Il a affirmé, jeudi, que ces chiffres ne laissent pas transparaître une évolution satisfaisante concernant le taux de remplissage national des barrages. Il a été estimé à «près de 37%» par M. Hasni qui s’exprimait lors d’une séance consacrée aux questions orales au Conseil de la nation.
Près de 37% signifie qu’on est quasiment au même niveau de données de décembre dernier, suite aux fortes intempéries qui avaient touché plusieurs régions du pays pendant quelques bonnes semaines, portant le même taux de remplissage à 36,24%, avec une réserve totale mobilisée de 2,57 milliards de m3, selon le bilan de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), arrêté au 12 décembre dernier, suite à une série d’épisodes pluviométriques ayant commencé début novembre.
Par régions, l’Est a encore soigné son capital hydrique, atteignant un taux de remplissage de 63%, selon le ministre, contre 59,2% en décembre de l’année dernière. Un taux qui sécurise le programme d’alimentation en eau potable des wilayas concernées. Ce qui est, malheureusement, loin d’être le cas pour l’Ouest et le Centre de l’Algérie où la situation reste hautement préoccupante. Les barrages de l’Oranie et du Cheliff ne sont qu’à un taux identique de près de 23%, contre un peu plus en décembre, alors qu’au Centre, les dernières précipitations ont injecté un supplément d’eaux pluviales aux barrages, les faisant passer de 16,6%, lors du dernier bilan de l’ANBT, à «entre 23 et 24%», a indiqué la même source devant les sénateurs.
Un léger mieux, mais qui sera sans doute insuffisant si les précipitations de ces derniers jours ne jouent pas aux prolongations, de sorte à rattraper le retard accumulé depuis fin décembre jusqu’au début de ce mois de mars. D’où la question à poser sur la démarche que compte adopter le ministère de tutelle pour la mise en place du nouveau programme de distribution d’eau potable, commandé par le président de la République, à partir du mois de Ramadhan qui débute dans moins de trois semaines.
Lors du Conseil des ministres du 13 février dernier, Abdelmadjid Tebboune avait, en effet, donné des instructions pour «mettre en place un nouveau plan de distribution d’eau garantissant un approvisionnement régulier, à partir du mois de Ramadhan et en prévision de la saison estivale», avait fait savoir le communiqué de la Présidence consacré à cette réunion.
Dans le même contexte, le président de la République a ordonné de procéder à un examen, une évaluation et une définition du véritable volume de consommation quotidienne d’eau potable, l’étude devant se faire durant un mois au niveau des wilayas d’Alger, Oran et Constantine. Cet examen vise à «revoir le plafond de production et de distribution, car le véritable chiffre indiciaire actuel est exagéré et atteint dans la capitale 1,250 million de mètres cubes pour 4 millions de citoyens», selon la même source.
Concernant les projets des cinq stations de dessalement d’eau de mer, dont la réalisation avait été programmée lors des précédentes réunions du Conseil des ministres, le président de la République a ordonné «d’œuvrer le plus rapidement possible pour fournir toutes les capacités foncières et les conditions appropriées», afin de les achever, ajoute la même source.
Que s’est-il passé depuis au niveau des services destinataires de ces instructions ?