Sans tomber dans la sinistrose, le pays est en passe de connaître une situation fort critique en matière de disponibilité de ressources hydriques. En témoignent les indices révélateurs par l’état des lieux établi par le ministère des Ressources hydriques.

Par Bouzid Chalabi
Dans son bilan d’activité du premier semestre 2021, publié sur son site Web hier mercredi 16 juin 2021, on lit que c’est dans l’Ouest et le Centre du pays, particulièrement la région du Grand-Alger, que la situation est menaçante. Le bilan fait ressortir, en effet, une insuffisance significative de la ressource superficielle « alors qu’elle assure à hauteur de 60% l’alimentation en eau potable (AEP) de ces régions », est-il souligné. Pour le détail de cette insuffisance, les rédacteurs du bilan font savoir que les réserves accumulées dans les 80 barrages en exploitation étaient de 3,38 milliards de mètres cubes pour une capacité totale installée de 7,7 milliards m3. Autrement dit, un volume emmagasiné de moitié. Lequel volume retenu peut enregistrer une baisse appréciable tant la demande en AEP des centres urbains va augmenter pendant toute la période estivale. Pis encore, l’hypothèse de voir des barrages atteindre la cote d’alerte reste vraisemblable. Et dans ce cas de figure, les lâchers au niveau des barrages pour assurer l’AEP ne sont plus possibles dans ces ouvrages hydriques à moins d’user de pompes flottantes. Toujours au registre de la ressource superficielle, le bilan concernant l’Est du pays fait état par contre d’une situation « assez confortable par l’effet d’un taux de remplissage des barrages de 70% », est-il rapporté.
S’agissant des ressources en eau souterraines, le document indique que les forages en exploitation sont au nombre de 26 152 à travers le territoire national, assurant une production globale de 951 millions m3 par an. Concernant les ressources en eau non conventionnelles, on lit que durant le premier semestre de l’année 2021, 10 grandes stations de dessalement d’eau de mer et 26 stations de déminéralisation des eaux saumâtres participent à l’alimentation en eau potable de ces populations. Il est, par ailleurs, indiqué dans ce sillage que le volume moyen d’eau dessalée produit est de 1,6 million m3/jour, tandis que celui de l’eau déminéralisée est de 112 475 m3/j. A cet effet, affirme le bilan, les eaux conventionnelles et non conventionnelles mobilisées permettent une alimentation en eau potable d’une population d’environ 43,9 millions d’habitants, dont les besoins sont de 6,6 millions m3/jour, à raison d’une dotation de 150 litres/jour/habitant.
Pour ce qui est de la réutilisation des eaux épurées, le bilan indique que durant le premier semestre 2021, 18 systèmes épuratoires ont permis de répondre aux besoins de l’agriculture, ajoutant que le volume moyen réutilisé est d’environ 10 millions m3 pour l’irrigation d’une superficie de l’ordre de 3 000 hectares. On lit en outre que des chantiers ont été lancés afin de combler quelque peu l’insuffisance en ressource conventionnelle. Ainsi après accélération des travaux de réalisation des projets, il a été mis en service 70 forages d’un débit de 81 000 m3/j, tandis que 13 autres projets d’AEP connaissent un bon rythme d’avancement, dont la réception interviendra avant le 30 juin courant. Pour le ministère, l’impact de ces réalisations sera de nature à contribuer à l’amélioration de la desserte en eau au profit d’une population de la capitale de près de 5 millions d’habitants durant la saison estivale. Ce département ministériel réaffirme enfin que durant le premier semestre 2021, « tous les efforts du secteur ont été focalisés sur le renforcement de l’alimentation en eau potable et la maximalisation de la gestion pour faire face à la crise qui sévit par manque de précipitations, d’une part, et diminution de l’efficience des équipements et réseaux existants, d’autre part, et ce, en vue de répondre aux besoins grandissants des citoyens et d’assurer un service public régulier ».