Par Fazil Asmar
Le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, est revenu, hier au Forum de la Chaîne I, sur la nécessité d’exploiter les ressources hydriques non conventionnelles comme alternative à la pluviométrie, en baisse de 20 et 30% au cours des trois dernières années. «Cette baisse ne devait avoir lieu qu’à partir de 2030-2050. Mais, elle est intervenue plus tôt que prévu. D’où l’urgence d’adopter une vision globale et diversifiée des ressources en eau afin de continuer à répondre aux besoins et combler le déficit hydrique dans certaines régions du pays», a-t-il souligné.
La réalisation d’autres stations de dessalement, réaffirme-t-il, figure dans cette nouvelle vision pour sécuriser toutes les wilayas du nord en matière d’eau. Mais aussi certaines villes de l’intérieur du pays sur un périmètre de 100 km. Au total, 20 wilayas sont concernées par ces opérations de dessalement d’eau. «La création d’une entreprise nationale pour la réalisation des nouvelles stations de dessalement est nécessaire. Au départ, elle aura des partenaires pour la réalisation d’une ou de deux stations, par la suite, elle sera autonome pour ne plus dépendre des étrangers. Afin que notre indépendance dans ce créneau soit totale, nous allons produire les équipements de ces stations avec le concours de l’enseignement supérieur», a-t-il fait savoir. Signalant que les cahiers des charges relatifs à la réalisation et à la gestion de ces stations sont en cours d’élaboration, il précisera, toujours dans ce contexte, que le recours à un partenaire étranger sera nécessaire dans un premier temps.
Toujours dans le cadre de la nouvelle vision du secteur, il a révélé que les eaux usées épurées est l’autre alternative aux ressources conventionnelles, et ce, dans un but de consommation dans le cadre de la stratégie de l’économie de l’eau. Dans ce volet, il a fait part de la faiblesse de la rentabilité des stations d’épuration dans le sud du pays par rapport au nord et l’intention du secteur de les réhabiliter et de les doter de mécanismes de télégestion. Les barrages d’eau, par ailleurs, continueront à être construits, selon lui, même si la pluviométrie est faible. Dans le cas de sécheresse, explique-t-il, les systèmes de transfert d’eau seront utilisés pour répondre aux besoins des populations dans les régions où il y a déficit hydrique. Il soutiendra, cela dit, que les barrages d’eau seront utilisés plus pour l’agriculture tandis que les stations de dessalement d’eau seront destinées exclusivement à l’alimentation en eau potable.
Pour ce qui est des coupures d’eau au niveau de la capitale, récurrentes ces derniers temps, elles sont dues, selon lui, aux fuites d’eau et à une surexploitation de certains réservoirs. «Les perturbations dans certains réservoirs seront réglées dans les jours à venir, une fois les opérations de forage lancées. A ce propos, on a réduit au maximum les formalités administratives relatives à la réalisation des forages. Actuellement, les ressources hydrauliques sont disponibles à Alger et dans ses environs. La preuve, l’eau coule H24 même s’il y a des coupures», soutient-il. Pour régler la problématique des fuites qui ont atteint 45%, il compte aussi sur les entreprises, les start-ups notamment, pour apporter des solutions rapides et efficaces. Le secteur collabore avec 440 entreprises, selon lui. De même qu’il compte sur la police de l’eau pour limiter les branchements illicites qui pénalisent surtout les citoyens du sud du pays. «On s’emploie actuellement à doter la police de l’eau de pouvoirs judiciaires pour qu’elle puisse intervenir, comme on s’emploie à améliorer le service public dans le secteur qui n’a pas encore obtenu une entière satisfaction de la part de la population. Actuellement, 52% seulement des citoyens se disent satisfaits du service public», confia-t-il. n