L’amélioration du programme d’approvisionnement en eau potable dans la capitale durant le mois de Ramadhan, sur laquelle avait instruit Abdelmadjid Tebboune en Conseil des ministres, le 13 février dernier, a été confirmée par le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni.

Par Feriel Nourine
Ce dernier s’exprimait, jeudi, devant la commission de l’habitat, de l’équipement, de l’hydraulique et de l’aménagement du territoire de l’APN, précisant que «les capacités productives quotidiennes de la wilaya d’Alger passeront de 750 000 m3/jour à 850 000 m3/jour durant le mois de Ramadhan, en attendant d’atteindre 900 000m3/jour en été». Une confirmation qui semble, cependant, ne pas échapper à la démarche d’opérations d’urgence que lancent les pouvoirs publics à chaque arrivée de cette période propice à la consommation tous azimuts, sans pour autant qu’elles s’inscrivent dans la durée en reposant sur des bases de durabilité. Dans le cas de la distribution d’eau potable, la situation est critique depuis l’été dernier, suite au plan de rationnement mis en place suite à une sécheresse qui a réduit à un niveau alarmant les réserves hydriques du pays. Notamment dans le Centre où le liquide précieux se fait rare et, pire, les horaires de distribution ne sont pas respectés dans plusieurs communes. De nouvelles stations de dessalement avaient été annoncées pour entrer en service avant la fin de l’année écoulée, dans le but de réduire les souffrances des citoyens face à ce programme, auquel s’ajoutent des coupures récurrentes opérées par Seaal. Mais visiblement peu de choses ont été réalisées sur ce registre, du moins pour une bonne partie des communes qui continuent à souffrir du manque d’eau dans le robinet comme lors de la crise à ses plus durs moments. D’où d’ailleurs, on avait posé la question sur ces mêmes colonnes, il y a à peine une semaine, sur la procédure qu’allait adopter le ministère de tutelle pour assurer la commande du président de la République pour le Ramadhan mais aussi pour l’été, faut-il le rappeler. La question se pose parce que les barrages qui desservent le centre du pays et la capitale ne permettent toujours pas l’assouplissement du programme de restriction attendu. Leur taux de remplissage ne dépasse pas les 22%, selon les chiffres du secteur. L’année hydrique en cours de s’achever aura peut-être été moins avare en pluviométrie, surtout à son entame en novembre dernier, mais les quantités d’eau emmagasinées par les barrages du centre du pays, ou encore de l’ouest, restent nettement insuffisantes pour autoriser l’espoir de niveaux acceptables pour influer sur le programme d’approvisionnement en cours. C’est pourquoi le ministère a décidé de déconnecter la région du Centre des barrages dont elle s’alimentait, en plus de l’eau de mer dessalée. C’est ce qu’a expliqué M. Hasni, soulignant que son département a recouru à un programme d’urgence prévoyant l’exploitation de ressources supplémentaires à partir des eaux souterraines, à travers la réalisation de 800 puits, dont la moitié est entrée en service, tandis que 400 puits sont en cours de réalisation à un stade très avancé, a-t-il précisé. L’objectif est de sécuriser les vingt wilayas les plus touchées par le déficit hydrique qui, en dépit des efforts déployés pour leur fournir des ressources supplémentaires, continuent de pâtir de différences par rapport à d’autres wilayas, a ajouté le ministre, avant d’évoquer le principe de la «solidarité hydrique» entre wilayas pour y remédier. Ce processus a été engagé dans la région du Centre, en ce sens que l’approvisionnement en eau du barrage de Koudiat Asserdoune sera limité aux wilayas de Tizi Ouzou, Boumerdès, Bouira et M’Sila, sans Alger. Il en va de même pour le barrage de Taksebt, qui alimente principalement les communes de Tizi Ouzou et Béjaïa, tandis que les eaux du barrage de Ghrib, qui alimentaient indirectement la capitale, seront affectées à l’alimentation des communes de Médéa et Aïn Defla. Cette mesure s’explique par le fait que la capitale recourt désormais aux eaux souterraines et au dessalement d’eau de mer. L’intervenant a, par ailleurs, rappelé que 22 barrages du pays ont connu une baisse de niveaux d’eau, l’année dernière, suite à la faible pluviométrie. Il s’agit, a-t-il détaillé, de 5 barrages dans l’ouest du pays, 6 dans le bassin du Chélif, 8 dans le centre et 3 dans la région est. Cette situation a influé sur l’approvisionnement de la population en eau potable au niveau de 20 wilayas, 10 au centre, 6 à l’ouest, et 4 à l’est. Dans ce contexte, le ministre a indiqué que les eaux superficielles sont exploitées à hauteur de 50% dans plusieurs wilayas. Et d’ajouter que «cette situation a induit en général la réduction de la quantité d’eau produite au quotidien passée de 9,9 millions m3/jour en 2020 lors de l’application du système de distribution 24H/24, à 9,1 millions m3/jour, soit un déficit de 800 000 m3/jour.» Concernant l’approvisionnement en eau potable de la wilaya d’Oran, qui accueillera les Jeux Méditerranéens en juin prochain, le premier responsable du secteur s’est montré rassurant devant les députés, soulignant que cette wilaya bénéficiera des ressources d’autres wilayas à l’instar de Tlemcen, outre les barrages de la région du Chélif. La station de dessalement d’El-Mactaa sera également réhabilitée afin de porter sa capacité de production à 370 000 m3/jour, a-t-il ajouté.
Distribution de l’eau
à Tipasa et Alger
Perturbations dans 18 communes à partir de demain L’alimentation en eau potable (AEP) sera perturbée dans plusieurs communes des wilayas d’Alger et Tipasa, en raison de travaux de maintenance qui débuteront demain 21 mars au niveau de la station de dessalement d’eau de mer de Fouka, a indiqué hier un communiqué de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal). «La société Myah Tipasa, en charge de l’exploitation de la station de dessalement de Fouka, a programmé du lundi 21 mars 2022 au jeudi 24 mars 2022 un arrêt total de l’usine, pour des travaux de maintenance préventive sur les installations de cette station», a précisé la même source. Cet arrêt engendre un déficit de production en eau potable de 120 000 m3/j, en provoquant des perturbations dans l’alimentation en eau potable des communes de la wilaya de Tipasa, Douaouda, Fouka, Koléa, Chaïba, Bousmaïl, Khemisti, Bouharoun, Aïn Tagourait et la localité Berbissa. Les travaux programmés engendreront aussi des perturbations de l’AEP des communes de l’ouest d’Alger : la ville nouvelle de Sidi Abdellah, Staouéli, Aïn Benian, Chéraga, Hammamet (en partie), la localité Bouchaoui, Zéralda, Mahelma et Souidania (en partie), a ajouté le communiqué. <