La réhabilitation des réseaux nationaux d’assainissement des eaux usées et la création d’autres sont au cœur d’un nouveau programme adopté par le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement, fruit d’un plan d’orientation élaboré en coordination avec l’Union européenne (UE), lui-même résultat d’une étude de trois ans qui a porté sur l’état des lieux des réseaux d’assainissement.

Dans les faits, selon ce qu’a expliqué le Directeur de l’assainissement Ahcene Aït Amara, qui s’est exprimé hier à l’APS, ce plan d’orientation des réseaux d’assainissement prévoit une approche jusqu’en 2030 visant à rattraper le retard accusé en matière d’assainissement en se basant sur les normes techniques ; sachant aussi que les résultats de l’étude prévoient des solutions pour la réalisation de réseaux d’assainissement et de stations de traitement des eaux usées dans les zones rurales et les villages éloignés en raison de la spécificité de ces régions et de la particularité des stations qui y seront réalisées ainsi que pour l’intensification des opérations de collecte des eaux usées dans les villes. Et pour cause, « malgré tout ce qui a été réalisé, nous n’avons pas encore réglé le problème de l’assainissement à 100% », reconnaît M. Aït Amara. « Malheureusement, il y a toujours des cas où les eaux usées sont déversées dans la nature et nous travaillons à un rythme accéléré pour rattraper le retard », qu’il « justifie » par le fait que les pouvoirs publics ont focalisé leur attention, énergie et finances, depuis 1999, sur le déficit enregistré dans l’alimentation en eau potable. Il est vrai, si l’on s’en tient aux chiffres présentés en décembre dernier par le ministre des Ressources en eau, Abdelkader Ouali, devant les membres de la commission parlementaire du logement, de l’équipement, de l’irrigation et de l’aménagement urbanistique à l’Assemblée populaire nationale (APN), de 1999 à 2016, l’Algérie a investi 3 260 milliards de dinars dans le secteur des ressources en eau, répartis dans la construction de barrages, la réalisation d’infrastructures de transfert et de raccordement et le financement des opérations de maintenance et de gestion de l’eau. Mais cette fois, il s’agit de s’attarder sur l’assainissement, et ce, pour des considérations environnementales aussi : éviter la pollution de l’eau potable par les eaux usées et le déversement de ces dernières dans la nature et, partant, protéger la santé publique et l’environnement et préserver la pérennité de cette ressource.
état des lieux
Jusqu’à aujourd’hui, ce sont plus de 80% de stations de traitement des eaux usées qui sont actuellement en service, réalisées depuis le début 2000. Ce qui a permis d’atteindre les objectifs du précédent plan quinquennal en matière d’assainissement. Pour comparer, 90% des citoyens sont actuellement raccordés aux réseaux d’assainissement contre 72% en 1999 et 35% seulement en 1970. Le réseau national d’assainissement, lui, est passé de 21 000 km en 1999 à 47 000 km en 2016 alors que le nombre de stations d’épuration et de traitement est passé de 30 en 1999 avec une capacité de production de 90 millions de m3/an, à 177 stations actuellement avec une capacité de production de 805 millions m3/an. L’objectif est de réaliser 63 nouvelles stations en 2018, où le nombre de stations réalisées atteindra 250 unités avec une capacité de production d’un milliard de m3/an. Concernant la rénovation et la réhabilitation des réseaux, l’ensemble des opérations devrait être achevé en 2019, toujours selon Aït Amara, qui a précisé que la priorité a été accordée aux stations dépassant les soixante ans et qui ne représentent que 4% au niveau national. Pour leur part, les réseaux anciens de quarante à soixante ans représentent 11%, ceux entre vingt et quarante ans, 33%, et les moins de vingt ans, 52%. Il a été proposé d’inscrire les opérations de réhabilitation et de rénovation de ces réseaux dans le plan quinquennal 2015/2019. Pour mener ce travail, il faut de la ressource financière, et d’ores et déjà, Aït Amara rassure sur la « disponibilité des ressources financières pour les interventions d’urgence ». A ce propos, M. Aït Amara a affirmé que l’ensemble des directeurs des ressources en eau a été instruit d’intervenir immédiatement pour réparer ces endommagements, ajoutant que « les opérations revêtant un caractère d’urgence peuvent toujours être financées par le Fonds national de l’eau », qui couvre le financement des opérations urgentes, les opérations relatives à la santé publique ou à la réhabilitation des réseaux. Abordant les dommages enregistrés au niveau de certaines nouvelles agglomérations, M. Aït Amara a reconnu l’existence d’erreurs tant dans les plans que dans l’exécution, ajoutant que le ministère concerné se charge de la réalisation des réseaux principaux et secondaires tandis que des entrepreneurs se chargent du tertiaire.