Le ministère des Ressources en eau a engagé, ces derniers temps, une réflexion pour trouver un mécanisme permettant de revoir la tarification de l’eau pour « les gros consommateurs » sans pour autant sanctionner les ménages déjà durement éprouvés par la vie chère.

Cependant, l’entrée en vigueur d’une date pour le relèvement de la tarification sur l’eau pour les clients dont le volume de consommation est de plus de 25 m3/J ne semble pas avoir été tranchée. Elle «n’est pas à l’ordre du jour», si l’on se fie aux déclarations faites jeudi dernier par le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement. « Elle est juste à l’étude », a, en effet, affirmé Abdelkader Ouali, à partir de Tipasa, en marge d’une session de formation au profit des journalistes sur le thème «L’environnement», plaidant pour l’ancrage d’une culture de rationalisation de l’usage de cette ressource vitale. «Les efforts de l’Etat sont actuellement axés sur l’efficience économique, en vue de l’ancrage d’une culture de rationalisation de l’usage des ressources en eau», a précisé le ministre. Avant d’ajouter que «l’Etat a la charge d’appliquer la justice sociale en consacrant la justice dans la distribution» de l’eau, partant de la base «qui consomme plus, paye plus». Ce futur système de tarification devrait permettre de pallier le gaspillage de l’eau qui a atteint des dimensions alarmantes, tout en épargnant toutefois les ménages qui ne dépasseront pas une certaine quantité de consommation d’eau. «Il est inadmissible que le client modeste soit placé au même rang que l’usine, l’hôtel ou les entreprises consommant beaucoup d’eau», a-t-il relevé à ce propos.
Le ministre avait annoncé, dans des déclarations précédentes, que ses services allaient réétudier la tarification de l’eau en tant que produit soutenu, de façon à consacrer l’efficience économique sans toucher aux catégories fragiles de la société (soit 18 millions d’Algériens).
Intervenant mardi dernier, sur les ondes de la Chaîne III, Abdelkader Ouali avait laissé entendre que la tarification relative à la consommation de l’eau allait être modifiée pour être revue à la hausse en tenant compte du principe du « qui consomme plus, paye plus ». «La tarification doit être conforme au niveau de consommation. Il n’est pas question que l’eau soit vendue au même prix à l’activité industrielle, à l’activité touristique, aux commerces qui consomment beaucoup d’eau, comme les douches, les bains maures, les lavages-auto, les limonaderies, qui vont payer le prix de l’eau au même titre que le citoyen dans son domicile», avait soutenu Abdelkader Ouali. C’est une des mesures préconisées pour résoudre le problème du déficit financier de l’Algérienne des eaux (10 milliards de dinars) qui croule également sous le poids des branchements illicites et des fuites d’eau.

 

Le H24 attendra
S’agissant de la généralisation du système d’approvisionnement en eau potable H24, Abdelkader Ouali a assuré que c’est là l’objectif suprême de son département ministériel qui «sera concrétisé dans le moyen et le long termes, grâce à une stratégie de travail clair, basée sur trois facteurs essentiels». Parmi lesquels, le ministre a cité «la garantie et le soutien de l’approvisionnement en eau potable», précisant que 38 % des communes du pays sont approvisionnées H24 en cette ressource vitale, 37% bénéficient de l’eau à des heures fixes de la journée, alors que le reste est approvisionnée à raison de deux à trois jours. «Notre souci actuellement est de garantir cet approvisionnement et de relever les plages horaires fixées pour l’AEP en vue d’atteindre, à terme, le système en H24», a-t-il soutenu. L’autre facteur, a-t-il dit, est celui de veiller à mettre un terme aux fuites d’eau et aux raccordements illicites, tout en assurant l’entretien des réseaux, avec l’ancrage d’une culture de rationalisation de l’usage de l’eau, avec la réalisation d’installations pour son stockage.
Le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement a également rappelé, à l’occasion, la réception programmée, à l’horizon 2019, de neuf barrages, dont cinq au cours de cette année 2017. Ces barrages s’ajouteront, a-t-il dit, à la trentaine actuellement disponibles qui porteront les réserves en eau de 8 millions de m3 actuellement à 10 millions de m3. «Le véritable enjeu dans le monde d’aujourd’hui est la maîtrise de gestion des installations en matière et leur préservation», a-t-il soutenu. Soulignant l’importance des stations de dessalement d’eau de mer, réalisées ces dernières années, au titre de la «stratégie bien guidée du président de la République, qui a pu ainsi éviter à l’Algérie une crise de l’eau, l’année dernière, suite à une situation de sécheresse».