Le mode de fonctionnement de l’administration centrale du ministère des Ressources en eau et des entreprises sous tutelle va connaître une profonde réorganisation à la faveur d’une nouvelle loi qui sera bientôt soumise au Gouvernement et au Conseil des ministres pour examen.

C’est le ministre du secteur Arezki Baraki qui l’a annoncé dans son allocution, lors de la rencontre gouvernement-walis. Le but de cette réorganisation, selon le ministre, est de rendre plus efficace la gestion des ressources matérielles et humaines. Pour ce faire, il a informé que son département ministériel «vient d’achever l’élaboration du cadre législatif de la nouvelle loi relative à l’eau». Celle-ci, a expliqué le ministre, va traiter plusieurs questions importantes dont la définition de la relation avec les collectivités locales en matière de gestion du service public des eaux et de l’assainissement. Et de préciser : «Elle va aussi définir les missions de contrôle et de régulation de l’Etat dans le domaine des ressources en eau». Toujours à propos de la nouvelle loi, Arezki Berraki a fait savoir qu’«elle va permettre d’inclure les plans Orsec de lutte contre la sécheresse et le stress hydrique». Le premier responsable du secteur des ressources hydriques a, par ailleurs, informé que le Conseil national consultatif des ressources en eau sera réactivé. Concernant la stratégie sectorielle à l’horizon 2030, le ministre a indiqué que ce document prenait en compte tous les aspects liés à la ressource en eau, que ce soit sa production, sa collecte, sa distribution, ou bien son recyclage suivant des systèmes internationaux reconnus en matière de bonne gouvernance et d’économie rationnelle.
«Cette stratégie est axée sur l’extension des sources de mobilisation des ressources en eau à partir de sources conventionnelles comme les barrages et les sources non conventionnelles comme le dessalement de l’eau de mer et les eaux usées traitées, en plus de la valorisation des importantes ressources souterraines sahariennes», a-t-il détaillé non sans indiquer que «l’objectif est de répondre aux besoins du littoral en eau potable et d’orienter l’eau des barrages vers les activités agricoles, tandis que les eaux usées traitées sont destinées au secteur industriel.
M. Berraki a par ailleurs appelé les walis à contribuer et à présenter leurs propositions concernant la qualité et la continuité du service public de l’eau, en s’enquérant de la réalité sur le terrain à travers l’ensemble du territoire national, dans le but de le promouvoir, notamment dans les zones d’ombre et enclavées. Sur ce dernier point il y a lieu de savoir, selon un dernier recensement, que près de 700 communes sont en ruptures récurrentes d’alimentation en eau potable, voire même des ruptures prolongées de l’AEP dans plus de 400 communes.
Devant ce constat de terrain qui met à mal des populations entières des communes concernées, le ministre avait dans un passé récent lancé que son département prévoit d’atteindre, avant la fin 2020, une AEP quotidienne dans 469 communes sur les 661 enregistrant des ruptures dans leur réseau d’AEP. Annonçant également dans l’une de ses sorties médiatiques «l’opération d‘assurer une AEP au quotidien dans toutes les communes sans exception et les zones d’ombre dans les cinq années à venir».
Faut-il comprendre enfin que le projet de loi de réorganiser d’amont en aval le secteur des ressources en eau s’inscrit en droite ligne avec le plan national de l’eau, annoncé auparavant par Arezki Baraki, qui avait fait part de sa prochaine adoption par le gouvernement ou s’agit-il là que d’un correctif pour une meilleure rentabilité des ressources en eau ? La question reste posée.