Parmi les ministres installés dans le nouveau gouvernement de Abdelaziz Djerad, celui des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, aura forcément du pain sur la planche tant le secteur dont il a la charge est sensible et stratégique.

Dans cet ordre d’idées, ce sont d’importants chantiers qui attendent d’être lancés par ce dernier sans parler de ceux à l’arrêt, voire même abandonnés. Comme il devra s’atteler à résoudre, en priorité et dans les délais, la problématique de l’AEP dans de nombreuses communes du pays. Pis encore. Faut-il rappeler dans ce sillage qu’il hérite de lourds dossiers qui ont fait la une de l’actualité par la mise en évidence de négligences et de dérives perpétrées dans des filières de son secteur. Tout cela, le ministre en est conscient, a-t-il rapporté lors de la cérémonie de son installation en présence de son prédécesseur Arezki Baraki. Indiquant par ailleurs à la même occasion que « la situation actuelle du secteur des ressources en eau est difficile dans le pays, d’où la nécessité d’efforts concertés ». C’est en tout cas ce qui est attendu car le pays traverse, depuis quelques années, des périodes de stress hydrique devenues cycliques et plus longues. Les experts dans le domaine ne cachent pas que la pluviométrie va aller en s’amenuisant. En clair, selon les experts, l’offre en eau sera de moins en moins importante. Devant une telle donne, les experts jugent qu’il est urgent de trouver des solutions qui puissent tout au moins diminuer l’impact du déficit hydrique. « Donner la priorité à la mise en place de projets structurants notamment ceux consistant à la réalisation de programmes de grand transfert d’eau depuis les régions où il y a une nette suffisance vers celles où le déficit hydrique est criant », avancent les experts. Il s’agira de faire en sorte que la gestion des ressources hydriques de surface soit plus rigoureuse.
En revenant à la question des chantiers auxquels devra s’atteler le nouveau ministre des Ressources en eau et ses collaborateurs, celle de l’alimentation en eau potable des populations rurales revêt un caractère prioritaire. En effet, des études menées ces dernières années sur le terrain ont dévoilé que 11 % de la population rurale n’accède pas au réseau d’AEP contre 5% de population urbaine. Toujours dans ce même registre, il faut remarquer que la fréquence de l’accès au précieux liquide par les populations est des plus discordante. Ce à quoi le nouveau ministre est appelé à y remédier.
Reste à savoir si Mustapha Kamel Mihoubi sera à la hauteur de sa mission. Cela reste du domaine du possible quand on sait que le secteur ne lui est pas étranger. Loin s’en faut, car le nouveau ministre âgé de 55 ans, faut-il le préciser, est titulaire d’un doctorat d’Etat en hydraulique. Pas seulement, puisqu’il a occupé le poste de Secrétaire général au ministère des Ressources en eau, comme il a occupé auparavant plusieurs postes de responsabilité dont celui de directeur de l’Ecole nationale supérieure d’hydraulique (ENSH). n