Après l’électricité et les carburants, la facture de l’ADE risque d’être salée dans les prochains mois. La chute des prix du pétrole pourrait ainsi casser le tabou de l’eau cédée au consommateur à 18 DA le mètre cube alors que son coût de production se situe entre 60 et 80 DA. En tout cas, le ministre des Ressources en eau et de l’Environnement , qui intervenait hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, était formel. « La tarification relative à la consommation de l’eau va être modifiée pour être revue à la hausse », a, en effet, affirmé Abdelkader Ouali. Ce changement de tarification tiendra compte, cependant, du principe du « qui consomme plus, paye plus», a en outre précisé le ministre, sans toutefois avancer d’échéance quant à l’application de cette « nouvelle tarification », « étudiée de manière à épargner les quelque 18 millions d’Algériens ne consommant pas plus de 25 mètres cubes par trimestre. « Au-delà, ils auront à s’acquitter d’un montant supplémentaire, compte tenu du principe qui consomme plus, paye plus », a-t-il explicité. «La tarification doit être conforme au niveau de consommation. Il n’est pas question que l’eau soit vendue au même prix à l’activité industrielle, à l’activité touristique, aux commerces qui consomment beaucoup d’eau, comme les douches publiques, les bains maures, les lavages-auto, les limonaderies.

Ces derniers ne vont pas payer l’eau au même prix que le citoyen dans son domicile», a soutenu Abdelkader Ouali. Ce futur système de tarification, qui permettra de palier au gaspillage de l’eau qui a atteint des dimensions alarmantes, épargnera toutefois les ménages qui ne dépasseront pas une certaine quantité de consommation d’eau, a précisé le ministre.
Par ailleurs, il a expliqué que cette mesure contribuera à résoudre le problème du déficit financier de l’Algérienne des eaux (10 milliards de dinars) qui croule également sous le poids des branchements illicites et des fuites d’eau.
Pourtant, le même ministre avait, début janvier écoulé, signifié que l’augmentation de la tarification de l’eau n’était «pas envisageable pour l’heure». Précisant, toutefois, «qu’une réflexion a été engagée pour étudier de plus près la question pour voir la faisabilité de la chose». «Aucune nouvelle tarification n’est à l’ordre du jour et nous nous donnons tout le temps nécessaire pour étudier les implications d’une éventuelle augmentation de la tarification de l’eau», avait, en effet, indiqué le ministre lors de sa visite de la station d’épuration d’Oued-Lahrache, à la périphérie sud de la ville de Médéa.
M. Ouali avait expliqué que « la réflexion engagée autour de cette question prend en ligne de compte plusieurs paramètres, dont celui relatif à la trésorerie des établissements de gestion d’eau, l’impact d’une éventuelle augmentation sur le pouvoir d’achat des ménages, ainsi que le poids d’une hausse de cette tarification sur le potentiel industriel du pays ». Assurant que « si augmentation il y aura, les couches les plus névralgiques continueront de bénéficier du soutien de l’Etat ».
Le ministre des Ressources en eau avait révélé, par ailleurs, que la nouvelle politique du secteur en matière de lutte contre la déperdition de l’eau et le branchement illicite a permis à ce dernier de récupérer plus de 2 millions de m3. Ajoutant que pas moins de 15 000 cas de fuites d’eau et de piratage sur les conduites d’adduction d’eau potable ont été identifiés et traités, au cours du 2e semestre de l’année 2016.