Par Nadir Kadi
Les dernières précipitations sur les régions du nord du pays ont permis une légère augmentation du taux de remplissage des barrages, selon le responsable à l’Algérienne des eaux, Houshan Ramadan. Les derniers chiffres font état d’un stockage estimé à 32,26% des capacités totales, alors que le précédent bilan, communiqué le 4 novembre dernier par le ministre des Ressources en eux, était de seulement 26% des capacités des 80 barrages du pays.
Chiffres qui montrent ainsi une légère amélioration après un été particulièrement sec. Les indicateurs restent toutefois dans le rouge dans les régions du centre du pays où le taux de remplissage des barrages ne dépasse pas les 8%, selon le même responsable qui s’exprimait sur la chaine privée Echourouk. En cause, la très forte demande enregistrée au niveau des régions les plus peuplées. L’ensemble du pays consomme, selon Houshan Ramadan, pas moins de 5,5 milliards de mètres cubes par jour, la seule consommation quotidienne d’Alger et de sa région serait, quant à elle, de 750 000 mètres cubes.
Alimentation qui constitue en ce sens un défi pour l’Algérienne des eaux, explique en substance le responsable, tout en rassurant sur la stabilité du prix de l’eau malgré 70 milliards de dinars d’impayés, ajoutant plus loin que l’objectif sera de revenir à une alimentation en eau quotidienne «au début de la prochaine saison estivale» sur l’ensemble de son réseau d’alimentation qui aurait atteint 97% des régions.
Et dans ce contexte, il est à rappeler que le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni, a fait savoir, samedi, devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), que son secteur travaillera «à court terme» à augmenter les capacités de stockage «à 9 milliards de mètres cubes».
Une politique qui devrait passer, selon le responsable, par la construction de nouveaux barrages, mais aussi par l’entretien des infrastructures existantes. Ainsi «l’ouverture prochaine» des barrages Bouzina (Batna), Boukhroufa (El-Tarf), Djedra (Souk Ahras), Souk N’tlata et Sidi Khelifa (Tizi Ouzou) devrait permettre une capacité cumulée de près de 300 millions de mètres cubes supplémentaires.
Quant aux opérations d’entretien évoquées par le ministre dans le cadre du débat du Projet de loi de finances (PLF) 2022, il s’agit principalement des chantiers de dévasement des barrages dans le but d’augmenter leurs capacités de stockage théoriques.
Par ailleurs, le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique a également annoncé que 34 sites potentiels avaient été identifiés afin d’abriter de nouveaux barrages ; leur réalisation permettrait, selon une récente étude, une capacité de 2,6 milliards de mètres cubes. Dans la même logique, le ministre aurait également «identifié» 300 sites pour la réalisation de «petits barrages» pour atteindre une capacité de stockage totale de 12 milliards de mètres cubes à l’horizon 2030. Une stratégie à plus long terme qui s’ajoute, selon le responsable, à l’utilisation des eaux souterraines à travers 281 000 forages du pays qui produisent 6,6 milliards de mètres cubes par an, mais aussi en «valorisant» les eaux de surface avec notamment le projet de transfert des eaux de oued Namous dans la wilaya de Béchar vers la ville de Kenadsa et la plaine d’Abadla. <