Par Bouzid Chalabi
Depuis que les coupures d’eau potable se sont généralisées et inscrites dans la durée, à travers l’ensemble du Grand-Alger et ses banlieues immédiates, c’est le ras-le-bol au sein de la population. Pis encore, les citoyens rendent responsable la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) de la mauvaise gestion de la crise de l’alimentation de l’eau potable (AEP).
Devant le désenchantement des populations, le ministère des Ressources en eau rassure, à travers un communiqué, qu’un programme d’urgence pour augmenter le volume d’offres en eau potable est en voie d’exécution. Dans ce cadre, cette même source rapporte que quatre stations de dessalement d’eau de mer entreront en service en juillet et août avec une capacité de 37 500 m3/jour. On peut se demander dans ce sens si ces projets seront réalisés dans les temps prescrits ? Si l’on en croit le ministre Mustapha Mihoubi, qui s’est prononcé auparavant sur le sujet, ce sont des unités de types modulaires ou monobloc «dont l’installation et la mise en activité sont donc de très courte durée». On lit également dans ce même cadre de solutions d’appoint au déficit de la production indispensable, la réalisation en urgence de trois stations de dessalement situées dans les communes de Corso, Bateau-cassé et Marsa, «avec une capacité de 150 000 m3/jour en vue de renforcer le service public d’eau», a précisé la même source. Le ministère prévoit également «l’amélioration de l’approvisionnement en eau après la réception de 173 forages d’une capacité de 250 000 m3 par jour qui sera renforcée par un deuxième programme devant permettre de produire 140 000 m3/jour à la faveur de la réalisation de 120 nouveaux forages qui entreront graduellement en service.
A propos des raisons de la crise actuelle sur le précieux liquide, le ministère évoque le faible taux de remplissage des barrages du centre et de l’ouest du pays. «Ce qui ne permet pas actuellement de réaliser une production quotidienne oscillant entre 850 000 et 750 000 m3/jour», est-il souligné. Comme il est précisé que «le grave déficit enregistré a contraint une révision du système de distribution en place». Ainsi, un nouveau programme a été élaboré et mis en œuvre vendredi dernier». Il porte sur «une distribution quotidienne de 8 heures à une autre d’un jour sur deux de 14 heures à travers les différentes communes d’Alger», est-il détaillé. Concernant Alger et ses environs, le système d’alimentation est basé sur l’apport de 4 barrages, à savoir Keddara, Beni Amrane, Boukourdane et Asserdoune en cas de besoin, outre 3 systèmes d’approvisionnement permettant en temps normal de produire 1,2 million m3/jour.
Il est indiqué en outre dans le communiqué que la Seaal veille à réunir toutes les conditions nécessaires en traçant un programme spécial, visant à augmenter les capacités de production pour ses clients afin d’assurer un approvisionnement continu lors des évènements et fêtes religieuses, notamment durant l’Aïd El Adha. On apprend par ailleurs que la réalisation du projet relatif à la séparation de la station de dessalement d’El Magtaa de la canalisation de MAO (Mostaganem, Arzew et Oran) sera engagée pour le réceptionner en juillet à travers une double alimentation, notamment après la séparation des deux sources, MAO et la station d’El Magtaa, qui devra assurer l’alimentation de la rive Est d’Oran. Toujours à propos de la station d’El Magtaa, on lit qu’il sera procédé à la réhabilitation de la station afin qu’elle produise 500 000 m3/ jour pour l’alimentation en eau potable des wilayas d’Oran, Mascara et Relizane.
Cela dit, il est certain que dans l’attente de la mise en œuvre du programme d’urgence de l’AEP, la population de la capitale est appelée à s’adapter au rationnement du précieux liquide, voire même à s’habituer à vivre sans eau courante tout au moins un jour sur deux. Abordés par l’APS, de nombreux Algérois se sont plaints du fait que les horaires annoncés n’aient pas été «respectés», ce qui a impacté négativement leur quotidien. Du côté Ouest de la capitale, dans la commune de Zéralda, les citoyens pâtissent de la même situation, à l’instar du reste des communes d’Alger. Selon des habitants, les perturbations dans l’alimentation en eau potable durent depuis près de trois mois, une situation qui a empiré ces derniers jours. Les habitants de la cité des Bananiers, de leur côté, disent que le programme annoncé n’est pas respecté et que l’approvisionnement des bâtiments n’est pas équitable. n