Le ministre des Finances a, encore une fois, assuré que l’économie algérienne, malgré la conjoncture financière difficile, « fait toujours preuve de résilience ». Le mot « résilience » qui signifie la capacité d’un corps, d’un organisme, d’une espèce, d’un système à surmonter une altération de son environnement, semble à sa place.

L’altération de l’environnement économique est aujourd’hui une évidence et l’Algérien invité à faire avec. Cette capacité de résistance face à l’adversité n’est pas nouvelle. L’algérien a toujours fait preuve de cette disposition à l’endurance dans les moments difficiles.
Une forme de sacrifice pour l’intérêt du collectif. Sauf que l’économie algérienne avait-elle le choix face à une situation imposée par une conjoncture liée à la chute des prix du pétrole ? Ce qui a poussé l’Etat à recourir au financement non conventionnel invitant les acteurs économiques à une attitude plus rationnelle. Aujourd’hui la situation est loin d’aller dans un sens plus vertueux.
Pourtant la conjoncture difficile n’avait point pour vocation à durer, selon évidement les prévisions trop optimistes des pouvoirs publiques. Mais les signes d’une arrivée à bon port sont loin d’être au rendez-vous. Les inquiétudes face à la dépréciation du Dinar et au coût des transferts sociaux de plus en plus lourds pour les budgets de l’Etat sont loin de s’être estompées.
Le marché informel, toujours en « bonne santé » malgré les efforts de l’Etat pour réguler ce phénomène très compliqué dans le cas de l’Algérie, est également l’expression de difficultés à imposer l’organisation qu’il faut. Il faut dire que cette situation n’est pas sans limites.
Et qu’au-delà des capacités de résistance, aujourd’hui en grande partie consommées, il y a l’inconnu. Il est évident que faute de construction d’une véritable économie et la limitation urgente de la dépendance aux contingences externes, la résilience dont parle fièrement le ministre des Finances risque bien de voler en éclats.