Par Fazil Asmar
D’après des sources internationales, rapportées par l’expert en économie, Abderrahmane Mebtoul, la Banque d’Algérie possède, à fin 2020, un stock d’environ 173,6 tonnes d’or. Au cours de ce mois d’octobre 2021, le montant des réserves d’or de l’Algérie serait de 10,90 milliards. «Ce qui positionne l’Algérie à la 26e place dans le monde en termes de réserves d’or et 3e au niveau de la région MENA (Moyen-Orient, Afrique du Nord)», indique-t-il. Signalant toutefois que depuis 2005-06, il n’y a pas eu d’augmentation en matière de réserves de cette matière précieuse bien que, selon le ministère des Mines, il existe un stock national d’or souterrain estimé à 124 tonnes, au niveau de la mine d’Amesmess notamment, dont les réserves dépassent 45 tonnes. Mais ces réserves en or ont-elles un rôle à jouer dans la relance économique ? Peuvent-elles être une alternative aux réserves de changes pour financer nos projets d’investissements ? Pas vraiment, selon Mebtoul. «Avoir des réserves importantes d’or et même de devises n’est pas un facteur de développement», assure-t-il. C’est le PIB qui en est l’indicateur principal, en rapport avec l’indice du développement humain, incluant santé, éducation et environnement, a-t-il indiqué. «Il faut éviter le mythe monétaire qui n’est pas une référence en matière de développement. Ne pas se braquer uniquement sur les réserves de change et sur le mythe de l’équilibre de la balance commerciale. Il est démontré d’ailleurs que ce ne sont pas les pays qui ont une balance commerciale équilibrée qui connaissent le taux de croissance le plus élevé mais ceux dont les importations sont ciblées pour dynamiser le tissu productif interne et créer de la valeur ajoutée, tout en renforçant les exportations», explique-t-il.
Et afin d’éviter les effets pervers des fluctuations monétaires, il sera nécessaire, estime-t-il, qu’à l’instar des autres pays du monde, l’Algérie publie régulièrement et structurellement le niveau des réserves de change, celles placées au niveau national et celles placées à l’étranger, à court ou moyen terme et à quel taux d’intérêt. «Il faut inclure aussi les droits de tirage spéciaux (DTS) détenus auprès du FMI». «D’après un décret publié au dernier Journal Officiel, l’Algérie a augmenté sa quote-part de 705,2 millions de DTS (équivalent à plus d’un milliard de dollars) le portant de 1,25 milliard de DTS à 1,96 md de DTS au cours de 2012 (près de 3 milliards de dollars). Mais qu’en est-il depuis ?», se demande-t-il.
Il précisera, par ailleurs, que la monnaie n’est qu’un rapport social entre l’Etat et les citoyens, permettant les échanges mais sans créer de la richesse. Il indiquera que les valeurs refuges comme l’or ou autres matières premières, peuvent être nocives à toute économie. «Aucun pays ne s’est développé grâce aux matières premières, dont l’or, mais grâce au savoir et à la bonne gouvernance. Le mythe de l’or est profondément ancré dans la conscience populaire algérienne et il est important que l’opinion publique soit éclairée sur cette question ainsi que sur le stock d’or dont le volume n’a pas changé depuis 2009, l’année où l’Algérie a lancé pourtant des opérations d’exploitation de gisement d’or, annonçant une production importante», soutient-il. n