220 comptes Facebook, 95 comptes Instagram, 28 pages et 106 groupes associés au réseau «Boogaloo», une organisation d’extrême droite classée comme dangereuse, ont été supprimés, avant-hier mardi, par Facebook. De plus, «pas moins de 400 autres groupes et plus de 100 pages qui hébergeaient des contenus similaires ont été également retirés», selon les agences de presse.

«Désormais classé dans la catégorie individus et organisations dangereuses, Boogaloo est banni de toute présence sur notre plateforme et nous retirerons tous les contenus qui le soutiennent, en font l’apologie ou le représentent», a détaillé un communiqué de Facebook qui s’est lancé dans un sondage mondial pour recueillir les opinions de ses abonnés sur les contenus qu’il diffuse.
La mouvance «Boogaloo», qui appelle à la violence contre les personnes civiles, les forces de l’ordre et les fonctionnaires et institutions gouvernementales, cherche à élargir son réseau en recrutant d’autres internautes. Elle comprend des activistes anti-gouvernement et pro-armes à feu, des néo-nazis et des suprématistes blancs. Ses adeptes lourdement armés ont tenté à plusieurs reprises de perturber les récentes manifestations antiracistes, organisées depuis un mois en réaction à la mort de George Floyd.
Dans une étude publiée en avril, «le Tech Transparency Project a dénombré 125 groupes dédiés à l’idéologie Boogaloo sur Facebook, avec des dizaines de milliers d’abonnés discutant d’armes, d’explosifs et de tactiques pour attaquer les autorités». Facebook n’a pas caché sa crainte quant au retour de ses membres sous une autre terminologie.
Vendredi dernier, Mark Zuckerberg, le patron du groupe californien, a déclaré que «Facebook retirerait désormais plus de types de publicités incitant à la haine, et masquerait les messages considérés problématiques des politiques, jusqu’à présent tolérés tels quels».
Par ailleurs, des associations ont appelé les marques à frapper là où ça fait mal, les revenus publicitaires. Près de 200 sociétés, dont Coca-Cola, Levis, Unilever et Starbucks, boycottent désormais Facebook pour tout le mois de juillet, voire au-delà, et demandent à l’entreprise de revoir sa copie sur ces sujets. A l’approche de la présidentielle américaine en novembre, le géant californien a déployé un arsenal de mesures, de la cybersécurité à la modération, pour éviter un scénario qui nuirait à ses intérêts alors que la question raciale promet d’être un sujet de campagne après l’assassinat de George Floyd à Minneapolis, le 25 mai dernier, par un élément de la police locale.
Petite leçon d’histoire. Le 2 juillet 1964, le Congrès américain a voté en faveur de Civil Right Act ; la loi abolissant la ségrégation raciale au pays. Ce texte a mis fin sur le papier à toute discrimination fondée sur la race, la couleur, la religion ou le sexe. Ladite loi a été promulguée par le président Lyndon Johnson, (1963-1969). Dans la réalité, la mort de George Folyd et celles d’autres afro-américains qui ont fait monter au créneau le mouvement «Black Lives Matter» montre encore aujourd’hui l’omniprésence des oppressions et ségrégation raciales aux Etats-Unis et dans d’autres pays occidentaux mais pas seulement. <