Le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy) a indiqué avoir reçu environ 2 000 appels pour assurer un accompagnement, notamment des personnes fragiles psychologiquement en cette période de confinement, relevant que cette assistance s’est opérée à distance en recourant soit au téléphone ou à l’outil internet.

Le chiffre des appels reçus concerne la période allant du 12 avril au 19 juillet, précise la même organisation syndicale, qui dit s’être appuyée sur le «réseau national d’écoute et de soutien psychologique», mis en place afin d’assurer un accompagnement aux personnes fragiles et dont la fragilité risquait d’être aggravée par les circonstances de la pandémie et ce qu’elles charrient comme mauvaises nouvelles entre décès et hospitalisations, entre autres.
Comment procèdent le personnel de ce réseau pour accomplir sa tâche ? «Des psychologues sont au bout du fil pour écouter l’appelant et ensuite le conseiller. Après une question liée à l’âge et la wilaya d’où on appelle, le médecin vous laisse révéler vos peurs, angoisses et problèmes. Ils sont à l’écoute et font un diagnostic à distance», explique un membre du réseau. «Le psychologue laisse, en effet, l’appelant s’exprimer sur ce qu’il éprouve en cette période de confinement. Puis il passe au jeu de question-réponse. Il s’agit, entre autres, de savoir comment on s’occupe pendant le confinement et ce qu’on fait comme activité pour réduire le stress. Ce qu’on exerçait comme activité avant le confinement…», ajoute notre interlocuteur.
Ce dernier indique que la consultation téléphonique est émaillée de conseils appelant l’individu à patienter dans la mesure où c’est toute la population mondiale qui est confrontée au nouveau coronavirus depuis plusieurs mois et à ses conséquences économiques et sociales sur les citoyens et leurs Etats.
Aussi, les psychologues du réseau d’écoute appellent ceux qui feraient preuve d’impatience de reprendre leur mode de vie normal, de veiller au strict respect des conseils des professionnels de la santé pour ne pas contribuer à la propagation de l’épidémie et d’aider plutôt par un comportement civique et conscient à l’endiguer.
Ainsi, outre la «mobilisation des psychologues à travers les établissements de santé et dans les centres de confinement», le réseau qui propose des séances à distance est mis au service des citoyens dans cette situation exceptionnelle de crise sanitaire que traverse le pays, notamment ceux éprouvés par le confinement et par l’épidémie de coronavirus.
Ce réseau «permet à ceux qui consultent de déposer leurs angoisses, les ressentis, et les inquiétudes», relève notre interlocuteur, lequel a indiqué la mise en place, par le syndicat, d’une «plateforme accessible pendant 14 heures de 09H à 23H».
Composé de 168 psychologues experts, soit une moyenne de 42 psychologues pour chacune des 4 régions du pays et après 13 semaines de mise en service, le réseau a reçu 1 932 appels, précise-t-on au niveau du Snapsy.
Dans un premier bilan préliminaire, le Syndicat explique que 1 040 appels provenaient d’une catégorie âgée entre 19 et 40 ans, suivie par celle âgée de 40 à 60 ans, une tranche qui a effectué 753 appels. 77 autres appels ont été effectués par ceux âgés de 12 à 18 ans, et enfin 62 appels de personnes âgées de 60 ans et plus. Le syndicat souligne également que 790 appels ont été effectués par des appelants masculins et 1 142 féminins.
Les appelants ont beaucoup sollicité les psychologues sur les effets de confinement, la façon d’interagir avec les enfants en période de confinement, comment se comporter avec une personne atteinte de Covid-19, gestion du stress des examens, trouble psychologique pour les personnes ayant contracté le coronavirus, peur de se faire contaminer. En plus des inquiétudes liées au coronavirus, les psychologues ont été consultés sur des questions liées aux violences au sein du foyer, problème de couple, pressions de travail, problèmes familiaux et façon d’interagir et gérer les comportements d’un autiste.
Récemment, le Snapsy a indiqué que le personnel soignant mobilisé en première ligne dans la gestion de l’épidémie liée à la Covid-19 et en proie à l’inquiétude n’a pas sollicité les psychologues en vue d’un accompagnement psychologique. Or, la tutelle a instruit les directions de santé de mettre en place dans chaque wilaya des psychologues afin de réduire les pressions professionnelles auxquelles ils sont exposés, notamment les troubles anxieux, peur de l’infection ainsi que l’isolement social, mais le personnel médical et paramédical a peu sollicité un psychologue.
«Les psychologues chargés du suivi des personnes atteintes de Covid-19 constatent que le personnel soignant n’a pas exprimé explicitement son besoin des services de psychologues», avait souligné le Snapsy qui explique cette tendance à «l’abstention», d’une part, par la «peur de la stigmatisation» et, d’autre part, par le sentiment de «ne pas être dans le besoin d’un accompagnement psychologique». n