Elle aura souvent porté préjudice au footballeur africain. La Coupe d’Afrique des nations, jouée en hiver, était le cauchemar des entraîneurs et des clubs. La Confédération africaine de football (CAF) avait opté à faire jouer la dernière édition, abritée par l’Egypte et gagnée par l’Algérie, en été. Une mesure qui concernait, à la base, les séquences à venir. Sauf que la FIFA a décidé de caser sa nouvelle coupe du Monde des clubs 2021 pour juin prochain en Chine. Ce qui rendait la tenue de la messe africaine, programmée la même année au Cameroun, quasi-impossible. L’instance confédérale se retrouvée obligée d’avancer son tournoi pour l’hiver.

Ça grince déjà. Le scepticisme est là tant les grands clubs comptent des joueurs africains dans leurs rangs. La CAN en hiver, ce n’est pas le cas de figure le plus réjouissant pour les entraîneurs. L’exemple le plus édifiant de l’exaspération reste celui de Jürgen Klopp qui compte deux des trois meilleurs joueurs africains en 2019 à savoir Sadio Mané, vainqueur du Ballon d’Or CAF, et Mohamed Salah. Les deux attaquants sont des titulaires indiscutables dans le onze souvent impliqués pour donner les victoires à leur équipe. On y ajoutera le Guinéen Naby Keïta outre le Cameroun Joël Matip.
« Je l’ai beaucoup regardé par le passé, un tournoi très intéressant, des circonstances très difficiles de nombreuses fois et les joueurs, ce qu’ils en font, des joueurs sensationnels. Mais c’est un problème évident que vous jouiez un tournoi en milieu de saison, même s’il est plus logique pour l’Afrique de le jouer en hiver, quand le temps est meilleur pour eux – je comprends ça. Le seul problème, c’est que c’est un problème général », a estimé le technicien allemand qui n’aime pas que « c’est la FIFA qui devrait régler tout cela en tant que responsable de toutes les différentes associations. Je ne connais pas les chiffres exacts, mais ça doit être beaucoup d’argent pour tous les clubs concernés.»

Départs forcés et solutions de rechange
L’Afrique reste un sérieux pourvoyeur de footballeurs pour les grands championnats européens. Bien plus que l’Amérique latine dans certains pays. Ainsi, le départ massif pour jouer la CAN peut brouiller les plans des drivers. Dans certains cas par le passé, il y a même eu des employeurs qui ont refusé ou forcé leurs joueurs pour snober l’appel de la sélection. Et ce, même si la FIFA les oblige à les libérer pour disputer la messe africaine.
Ainsi, l’instance planétaire devra être à cheval pour empêcher les franchises de faire du chantage sportif aux acteurs de la CAN. Parfois, on a vu certains aller disputer l’épreuve, revenir et se retrouver mis au placard ou contraint de cirer le banc parce que le remplaçant a fait le boulot entretemps. Aujourd’hui, avec les grosses capacités financières, les clubs peuvent se permettre d’enrôler des recrues de luxe pour palier à ces départs provisoires. Ce qui peut affecter la carrière et couper certains dans leur élan.

Recrutement conditionné
Pour le premier responsable de la barre technique des champions d’Europe sortants : « Il y a deux choses qui ne vont pas : d’abord, la FIFA prévoit un tournoi à l’été 2021 [la coupe du Monde des clubs], une semaine plus tard, la véritable Coupe d’Afrique des Nations aurait commencé je pense, ou peut-être deux semaines plus tard, un autre tournoi pour beaucoup de joueurs de classe mondiale. J’ai déjà mentionné cela dans le passé.»
« Je ne sais pas si cela faisait partie de la décision lorsqu’ils se sont dit d’accord, ça n’a pas de sens de jouer après ce tournoi, ça a du sens de jouer en hiver, ou si le temps était la vraie [raison]. Ça veut dire un autre tournoi, c’est encore trop de tournois. C’est une première chose », s’est-il exclamé avant de balancer un deuxième argument : « ça n’aide pas les joueurs africains. Nous ne vendrons pas Sadio [Mané], Mo [Mohamed Salah] ou Naby [Keita] maintenant parce qu’ils ont un tournoi en janvier et février – bien sûr que non – mais si vous devez prendre une décision pour faire venir un joueur, c’est une décision énorme parce qu’avant la saison, vous savez que pendant quatre semaines, vous ne les avez pas.»Somme toute, l’argumentaire laisse clairement comprendre que la CAN hivernale est préjudiciable.