Une semaine nous sépare de la rentrée universitaire prévue le 15 décembre. De ce fait, une question taraude l’esprit de centaines d’étudiants : par quel moyen de transport rejoindront-ils leur université si les trains de banlieue ne reprennent pas leur trafic ? Le trafic est à l’arrêt depuis le mois de mars dernier sur décision des autorités sanitaires du pays en raison de la pandémie du coronavirus. Il faut admettre que cette préoccupation des étudiants est tout à fait légitime, notamment pour ceux et celles dont le train de banlieue est le moyen de transport qui les accommodent le plus, particulièrement pour la ponctualité des passages des rames au niveau des deux gares universitaires que sont Bab Ezzouar et Sidi Abdallah. En somme, ces derniers attendent impatiemment que les pouvoirs publics prennent une décision en leur faveur, c’est-à-dire autoriser les rames à circuler à partir du 15 courant.
Cela étant, la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF) se dit prête à reprendre le trafic de banlieue avec tout ce qui est exigé de mettre en place en termes de mesures barrières sanitaires. C’est du moins ce qu’a confirmé le Directeur de l’exploitation auprès de la SNTF Abdel Malek Hamzaoui lors d’une visite guidée, hier, à la gare de l’Agha au profit des médias, afin de leur présenter le dispositif et les mesures exceptionnelles mises en place en perspective d’une éventuelle reprise du trafic voyageurs. Ainsi selon ce responsable « tout le personnel administratif et les agents sur le terrain de la SNTF sont mobilisés pour reprendre du service dès la prise de décision par les pouvoirs publics, sur la base de l’évaluation du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus. Toujours dans ce même ordre d’idées, le Directeur de l’exploitation a informé «qu’un protocole sanitaire spécial a été mis en place et des mesures sanitaires et préventives ont été prises pour assurer le maximum de sécurité au niveau des structures d’accueil des voyageurs, des quais et à bord des trains et ce, afin de minimiser les risques de propagation du virus en cette période de crise sanitaire. Concernant le transport des étudiants, le responsable a précisé : «En temps normal une rame peut accueillir jusqu’à 1 500 personnes, mais en application des mesures de distanciation sociale, elle ne pourra pas transporter plus de 639 personnes, soit la moitié de sa capacité. La question est de savoir quand le trafic de banlieue reprendra «car il y a urgence du fait de l’approche de la rentrée». Le Directeur exploitation a rétorqué que « la décision est du ressort exclusif des pouvoirs publics» Et pour être plus explicite, il dira : «La décision de reprendre le trafic ferroviaire revient aux pouvoirs publics sur la base de l’évaluation du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus.» Le responsable s’est aussi prononcé sur une rumeur qui laisse entendre que les tarifs voyageurs de la SNTF vont connaître des augmentations. «Il n’en est nullement question», a-t-il rassuré. Par contre, « il y aura une augmentation du nombre de trains en circulation, que ce soit sur le réseau banlieue que celui des grandes lignes», a-t-il rapporté.
Impact financier
dû au coronavirus
Sur le registre de la situation financière actuelle de la SNTF, le Directeur exploitation a mis à profit cette visite pour donner un aperçu sur les pertes et manque à gagner subis par la société consécutivement à l’arrêt de ses activités du transport de voyageurs depuis l’entrée en vigueur des mesures de confinement. Ainsi, il a déclaré que la SNTF a enregistré une régression de 30 millions de voyageurs de moins pour une capacité de transport annuel de 40 millions de personnes. Ce qui a engendré, selon le responsable, des pertes colossales. Abondant dans ce sens, il a indiqué enfin que « le bilan financier en cours d’élaboration nous permettra d’avoir des données plus précises sur les pertes financières». Il importe d’avancer enfin que dans l’hypothèse où les trains ne seraient pas autorisés à circuler, c’est le parc des bus dédiés au transport qui va être sollicité. On peut se demander si l’offre sera à la hauteur de la demande. Ce qui paraît impossible à moins que le parc connaisse une multiplication du nombre de ces bus. Ce qui ne paraît pas évident dans l’immédiat. Alors autant laisser le train circuler. <