Par Bouzid Chalabi
La reprise du transport aérien et maritime des voyageurs vers l’international, l’approche de la saison estivale et de la période de pèlerinage à La Mecque sont autant de facteurs ayant engendré, sans nul doute, une augmentation de la demande sur la devise forte à tel point qu’elle a, depuis mardi dernier, connu une envolée remarquable.
Preuve en est, le dollar américain s’échange au square Port Saïd, place forte du change dans la capitale, à un taux record de 205 dinars à la vente et 203 DA à l’achat. Pas seulement, puisque l’euro est sur la même tendance. Il a dépassé les 215 DA à la vente contre 231 DA à l’achat. C‘est aussi le cas de la livre sterling, la monnaie du Royaume-Uni. Cette dernière s’achète à 250 dinars algériens et se vend à 253 dinars algériens. Ainsi après deux ans de très basse activité, voire même de gel, le marché informel de la devise forte renoue donc avec une intense reprise à la faveur des facteurs cités ci-dessus.
C’est d’ailleurs ce que conforte Abdelkader Berriche, membre et porte-parole de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée populaire nationale (APN). Il a, en effet, déclaré à la presse en marge d’une session plénière à l’APN, qu’il attribut «la hausse du taux de change de la devise forte sur le marché parallèle, que ce soit dans la capitale ou tout le reste du pays, à la forte demande notamment venant des personnes désirant se rendre à La Mecque et pressées d’acquérir d’importantes sommes en devises, le programme des vols vers les lieux saints de l’Islam a été fixé et la date du premier vol se rapproche, soit le 16 juin prochain».Toujours à propos de la forte demande sur la devise forte, il a fait remarquer que «cette tendance n’est pas due seulement à la période du hadj, mais aussi au grand nombre de commerçants locaux qui s’approvisionnent de l’étranger, des étudiants, sans omettre de citer ceux qui ont programmé de passer des vacances à l’étranger».
Interrogé sur le projet d’ouvrir des succursales des banques algériennes à l’étranger et l’ouverture de bureau de change par des particuliers, le porte-parole a livré des éléments d’informations sans trop de détail. Selon le parlementaire, la Commission des finances de l’Assemblée populaire nationale a présenté une demande pour être reçue par le nouveau gouverneur de la Banque d’Algérie. «Ce sera l’occasion pour la commission de traiter un certain nombre de sujets dont le marché parallèle de la devise et le projet d’ouvrir des bureaux de change.» Sur ce dernier point, il dira : «C’est devenu plus que nécessaire en raison des taux élevés et l’écart qui ne cesse de se creuser entre le dinar et le marché officiel.» Abdelkader Berriche estime en outre : «Il est temps d’ouvrir de tels bureaux et de mettre à leur disposition les fonds nécessaires afin de tenir leur rôle de régulateur du marché de la devise.» Rappelant dans la foulée que «le projet d’ouverture de bureau officiel de change est au cœur du plan d’action du gouvernement. En témoigne, le projet de loi présenté au Parlement en septembre dernier».
Pour plus d’information sur le projet, le porte-parole de ladite commission a révélé aux médias que le ministre des Finances Abderrahmane Raouya va se prononcer jeudi (ndlr : aujourd’hui) lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales. Le ministre aura ainsi à répondre aux questions des parlementaires concernant notamment les sources d’approvisionnement du marché informel de la devise étrangère et éclairera l’Hémicycle sur le mode opératoire qui va être adopté par le gouvernement pour pouvoir assécher le marché parallèle, c’est-à-dire le priver de ses ressources. En clair, absorber la grosse masse de devises qui circule de façon illicite. n