En ce premier jour de reprise du trafic ferroviaire de voyageurs sur les banlieues Est et Ouest de la capitale, les quais n’ont pas désempli. Et même si les horaires des trains de banlieue, affichés ici et là, ont connu des retards, tout un chacun a accueilli avec joie le retour du transport rail avec ses nouvelles dispositions en termes de mesures barrières contre l’épidémie du coronavirus. C’est ce qu’ont témoigné à Reporters des voyageurs ayant pris place à bord des rames en circulation hier en fin de matinée.

La majorité de ceux que nous avons pu approcher était soit des étudiants, soit des résidents en banlieue. Nos interlocuteurs nous rapportent à l’unanimité : «Nous attendions avec beaucoup d’impatience le retour du transport par rail car c’est le moyen qui nous convient le plus et cela sur beaucoup de plans.» Sur la question des mesures barrières imposées dans chacune des voitures, là aussi, ils se disent satisfaits du dispositif mis en place, non sans lâcher qu’«il reste à savoir si le dispositif sera respecté à la lettre». Sur ce dernier point, Hamid, étudiant en quatrième année à l’université de Bab Ezzouar et habitant Hussein-Dey : «Je doute fort que les consignes soient respectées aux heures de pointe, c’est-à-dire lorsque le flux de passagers est important et où chacun désire arriver à l’heure.» Au registre des horaires des trains, comme affiché à divers endroits dans les gares, Mokhtar et Mohamed, qui habitent l’un à Bordj Kiffan et l’autre au Caroubier, tout récemment recrutés dans une entreprise privée dans la zone industrielle de Rouiba, n’ont pas caché leur colère. «Le train de passage au niveau de la gare du Caroubier à destination de Thénia accusait un retard de 40 minutes par rapport à l’horaire mentionné sur leur ticket», lâche d’un ton sec Mokhtar. Toujours dans ce même registre, il y a lieu de savoir que la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF) prévoit, dans son programme de reprise du trafic banlieue, vingt horaires de départ au quotidien aussi bien en direction de la banlieue Est que Ouest et 8 rotations dans le sens Alger-Sidi Abdallah. Les trains ne circulent bien sûr que de 6H du matin et 18H30, couvre-feu oblige. Autrement dit, devant cette contrainte, la SNTF «s’est vue obligée de réduire son trafic banlieue mais sans changer le nombre de rames en circulation pendant les heures de pointe», a-t-on appris de sources concordantes.
Concernant le volet des voyageurs abonnés au réseau banlieue, les personnes interpellées et concernées par ce sujet se disent satisfaites de la décision prise par la SNTF de prolonger la validité des cartes d’abonnement suite à la suspension des trains. Une disposition sur laquelle est revenue le Directeur des transports de voyageurs à la SNTF Samir Gamouri lors de son passage, hier, sur les ondes de la Radio nationale Chaîne I. «Les anciens abonnements seront acceptés en attendant le renouvellement des cartes d’abonnement, en particulier pour les étudiants», a-t-il précisé. Annonçant également à cette même occasion à l’égard des étudiants que sa société allait leur consacrer 20 trains pour leur besoin spécifique de déplacement de et vers les universités desservies.
Il importe de rappeler enfin que ce n’est qu’aujourd’hui que les trains grandes lignes vont commencer à circuler mais progressivement dans l’attente que soit élaboré un planning précis des rotations. A la gare Agha d’Alger, les trains n’ont pas fait le plein en ce premier jour de la remise en circulation des rames, selon un journaliste de l’APS. Une affluence moyenne des voyageurs a été constatée à l’entrée de l’enceinte où les agents ont été chargés de la prise de la température des passagers. Des distributeurs de gel hydro-alcoolique ont été, en outre, mis à la disposition des usagers, tenus de porter une bavette pour accéder à la gare. De plus, un marquage au sol et une signalisation ont été installés afin d’orienter les voyageurs dans un sens de circulation qui garantit la distanciation physique. Du côté des voyageurs, cette reprise a été accueillie avec soulagement.