Les chauffeurs de taxi vont devoir patienter un peu plus pour reprendre du service après la décision du gouvernement de différer leur reprise «jusqu’à l’annonce par les pouvoirs publics des modalités liées à la sécurité sanitaire de ce moyen de transport», contrairement aux autres activités qui, comme eux, étaient à l’arrêt depuis le mois de mars dernier par mesure de protection contre le Covid-19 et qui ont reçu l’aval de reprendre leur activité. Faut-il rappeler que chef de gouvernement avait décidé, samedi soir, de lever l’interdiction de travailler à de nombreuses activités professionnelles dont celle des taxis, avant d’annoncer que cette dernière est différée. Une décision qui a surpris plus d’un taxieur. En effet, impatients de reprendre du service, nombreux sont ceux qui se sont mis en activité dès les premières heures de la matinée d’hier car n’ayant pas pris connaissance du changement opéré à temps. Du coup, ils ont été surpris de se voir interpellés par les services de sécurité chargés de la voierie. Une confusion mal digérée au niveau de la Fédération nationale des taxieurs (FNT). C’est du moins ce que nous ont révélé Othmane Hocine et Hocine Aït Braham, tous deux membres de la fédération. Ces derniers, contactés par Reporters, nous ont indiqué que le report de la reprise «a été mal interprété par les taxieurs». Selon Otmane Hocine, «il n’en fallait pas plus pour créer du remous au sein de notre corporation. En apprenant la levée de l’interdiction, c’était pour nous la fin d’un calvaire». Abondant dans ce sens, Hocine Aït Braham, qui active dans la wilaya d’Alger, nous soulignera : «Après près de deux mois sans entrée d’argent, il devenait de plus en plus difficile de subvenir à nos besoins quotidiens. Nos économies ont vite fondu comme neige au soleil. Ce manque d’activité commence à avoir un impact négatif sur notre pouvoir d’achat. Et donc il est temps pour nous de reprendre du service car nos économies se sont évaporées.» Ce dernier nous avoue que «la plupart d’entre nous arrive à tenir en réduisant les dépenses. Mais jusqu’à quand ? Il faudra bien trouver une solution à notre situation». Mais pour l’heure, «ce qui nous inquiète, c’est de voir le différé décidé par le gouvernement s’installer dans la durée», ajoutera Otmane Hocine. Néanmoins, nos interlocuteurs affirment qu’au sein de leur fédération, «on reste conscient que le différé décidé par le chef du gouvernement a sa raison d’être au vu de la spécificité de notre profession, où le strict respect des barrières de protection est des plus impératifs». Et de reconnaître que leur «outil de travail peut être un foyer de contamination et où aussi bien le taxieur que les clients se trouveraient exposés». «Dans l’intérêt général, ce différé est dûment indiqué. La levée d’interdiction de travailler ne peut se décider que sous des conditions strictes que nous sommes prêts à garantir. Celles entre autres de limiter le nombre de nos passagers à une seule personne par taxi et l’obligation de porter un masque de protection», affirment les membres de la FNT.<