A l’Université des sciences technologiques Houari-Boumediene (USTHB), la question de la reprise ou pas des cours est tranchée. Pas de place à la tergiversation en dépit des doutes et autres interrogations que pourrait imposer la réalité sanitaire du pays. S’il est désormais certain que la reprise sous sa forme habituelle n’est pas à l’ordre du jour, ce n’est pas non plus le temps de prolonger les vacances.

La reprise des cours aura ainsi bel et bien lieu le 5 avril, même si elle doit se faire via une plate-forme numérique, selon ce qu’a indiqué hier un communiqué de l’USTHB, une université qui compte plus de 50 000 étudiants inscrits en licence et master pour l’année 2019/2020. «Dans le but d’assurer la reprise effective des enseignements le 5 avril, l’USTHB s’est associée avec son partenaire Cisco pour le lancement de la plateforme numérique Webex permettant la continuité de l’enseignement à distance en respectant le calendrier des cours», a précisé le communiqué signé par le recteur de l’USTHB, Djamel Eddine Akretche.
La même source a souligné que les enseignants et les étudiants «seront invités à rejoindre les sessions dédiées qui peuvent supporter simultanément jusqu’à 5 000 utilisateurs», ajoutant que les cours dispensés «peuvent être consultés en différé, en streaming, sur la plateforme Moodle fonctionnelle dans l’espace de travail numérique de l’USTHB.
Le rectorat de l’USTHB a relevé, dans ce registre, que la nouveauté est que «l’accès peut se faire via plusieurs supports, PC, mobiles Smartphones et même téléphones fixes en formant un numéro gratuit», notant que «la gestion des réunions de travail, meeting et conférences est aussi programmée dans le cas du prolongement des mesures de confinement contre le coronavirus». Dans son message, l’USTHB invite la communauté universitaire à y adhérer «pleinement pour assurer le bon déroulement du second semestre» et ainsi «la réussite» de l’année universitaire.
Par ailleurs, le recours à l’enseignement via la plateforme numérique tend à se généraliser à travers les autres campus. C’est ce qui se prépare au niveau de la faculté des langues étrangères de l’université d’Alger 2, où les étudiants ont été priés de créer un compte email «afin de faciliter le déroulement des activités pédagogique et les procédures administratives dans les circonstances exceptionnelles actuelles», selon un message adressé aux étudiants de cet établissement.
Par ailleurs, des enseignants ont pris l’initiative individuelle de diffuser et de partager leurs cours sur le web à l’adresse de leurs étudiants afin de permettre la continuité des cours. C’est ce que fait, à titre d’exemple, depuis quelques jours, Mohamed Lakhdar Maouguel, professeur à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI). En tout état de cause, la communauté universitaire semble se mobiliser pour garantir la continuité de l’année pédagogique dans les facultés, qui se poursuivra, selon toute vraisemblance, par le support numérique.
Le premier responsable du secteur avait indiqué, rappelons-le, le 24 mars dernier, que «l’Algérie, comme de nombreux pays dans le monde, traverse une étape difficile, compte tenu de la pandémie causée par le Coronavirus». Il avait relevé, dans ce sens, l’importance de continuer à dispenser les cours aux étudiants via Internet afin d’acquérir le niveau de compétences qui leur permettra de réussir leurs examens et de valider leur année universitaire en cours évitant ainsi l’année blanche. M. Chitour avait prié, par la même occasion, les enseignants de se joindre au processus de mise en ligne des cours pédagogiques mettant en exergue la responsabilité qui est la leur en tant qu’acteurs de l’enseignement supérieur. Il avait noté que les enseignants sont les plus à même de formuler le contenu des cours et de les mettre en ligne au profit des étudiants et de les suivre afin d’évaluer le niveau de leur acquisition.
Ce qui traduit, au final, que face à une situation exceptionnelle, l’universitaire algérienne s’initie à de nouveaux modes d’enseignements.