Le Premier ministre Abdelaziz Djerad, qui intervenait jeudi lors de la rencontre Gouvernement-Walis, a tenu à «rassurer les élèves et leurs parents» quant aux mesures sanitaires de prévention décidées par les secteurs de l’Education et de l’Enseignement supérieur.
Les rentrées universitaires et scolaires, qui débutent dès ce 23 août, suscitent en effet les appréhensions et les craintes des professionnels. Des professeurs et universitaires ont souligné, dans une déclaration, que les universités n’étaient pas préparées à l’accueil de près de 1,6 million d’étudiants prévu pour cette année. Et que le recours à l’enseignement à distance dans les conditions actuelles conduirait à une éducation «à deux vitesses», entre les régions riches et les régions pauvres.
Ainsi, dans ce qui apparaît comme une réponse, en appelant à la «mobilisation» de tous les moyens humains et matériels pour la réussite de la prochaine rentrée, le Premier ministre a rappelé la mise en place d’un «protocole sanitaire préventif» au niveau de l’ensemble des établissements scolaires et universitaires ainsi que des centres de formation professionnelle. Des mesures qui seront, par ailleurs, accompagnées d’un plan «pédagogique», que le ministre avait évoqué dès mercredi. Abdelbaki Benziane avait ainsi déclaré que la clôture de l’année universitaire 2019-20 puis la rentrée 2020-21, dans le contexte de la pandémie de coronavirus, avait exigé la mise en place d’un ensemble de normes et de règles liées à «l’aspect pédagogique» et de services, en plus «des mesures préventives, sanitaires et procédurales». Des mesures, des règles et principes généraux… qui devront être «appliqués par la corporation» dès la reprise des activités pédagogiques «à distance» le 23 août, a ajouté le ministre. La date de reprise des activités pédagogiques «en présentiel», qui suscite les craintes des enseignants du supérieur, ne sera pour sa part déterminée qu’a l’issue d’une réunion interministérielle prévue ce samedi. Universités qui pourront également appuyer leurs actions sur l’aide d’une «cellule centrale» au niveau du ministère. Elle aura pour mission «de coordonner toutes les démarches avec les autorités locales, au niveau de chaque wilaya, et avec l’administration centrale pour surmonter les difficultés conjoncturelles et prendre en charge toute problématique pouvant découler de l’évolution de la situation sanitaire dans chaque région». Ainsi, il est à rappeler que le secteur avait décidé d’accorder une plus grande marge de manœuvre aux responsables d’université, les invitant, le 25 juillet dernier, à prendre leurs futures décisions en concertation avec les différentes composantes de l’institution, universitaire «encadreurs, organisations syndicales et associations estudiantines, entre autres». Et en fonction des spécificités et des «évolutions locales».
Système d’enseignement supérieur qui s’attend cette année à recevoir 1 650 000 étudiants, «tous cycles confondus», a fait savoir le ministre. Abdelbaki Benziane a également précisé que son secteur examine actuellement, avec les autorités concernées, la possibilité de «prise en charge du transport des étudiants du Grand-Sud suivant leurs études dans des établissements d’enseignement supérieur du Nord du pays». Pour rappel, une réflexion sur un large plan de réforme de l’enseignement supérieur avait a été annoncé dimanche dernier par un communiqué de la Présidence de la République. n