PAR MILINA KOUACI
Des organisations estudiantines ont exprimé leur «étonnement et consternation» quant à l’instruction du Secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique émise sous le numéro 121/2022, portant sur la reprise progressive des activités pédagogiques dans les campus universitaires depuis hier.
Les étudiants sont de nouveau sur les bancs des universités. Le retour en présentiel depuis hier, sous réserve du respect du protocole sanitaire et des mesures préventives, s’est effectué après une semaine de suspension des cours.
Une instruction du Secrétaire général du ministère, adressée aux recteurs des universités et au Directeur général de l’Office national des services universitaires, a annoncé la reprise progressive des activités pédagogiques et des services universitaires à partir de dimanche 30 janvier 2022. Tout en précisant que l’organisation de forums, de journées d’étude et de rassemblements reste reportée à plus tard. Le ministère a précisé que la suspension des cours n’est pas une procédure continue, mais s’inscrit dans le cadre des mesures de lutte contre le Coronavirus.
Prises au dépourvu, les organisations estudiantines ont dénoncé une décision prise de façon «unilatérale sans revenir au Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de coronavirus».
L’Union générale des étudiants algériens (UGEA) a dénoncé, dans un communiqué rendu public, la décision de la tutelle. «La plupart des universités ont procédé à la suspension des activités pédagogiques pour dix jours, ce qu’a saluée la communauté universitaire en raison de la situation épidémique. Mais nous avons été surpris de l’instruction de jeudi, sous le numéro 121/2022, qui demande aux recteurs de prendre les mesures nécessaires pour la reprise des activités pédagogiques», écrit l’UGEA. Une décision pareille, selon la même source, exige du temps pour «mettre en place un protocole sanitaire propre à l’étendue du coronavirus et aux particularités de chaque établissement universitaire». Appelant la famille universitaire à se faire vacciner car, c’est la «solution idoine» pour freiner la propagation de la Covid-19 dans les universités, estime la même organisation estudiantine.
De son côté, l’Union nationale des étudiants algériens (Unea) juge qu’il était nécessaire «de temporiser et d’être vigilant» avant d’annoncer la reprise en présentiel sans prendre l’avis du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de coronavirus, qui a la confiance du président de la République et ce, afin d’éviter d’enregistrer plus de contaminations parmi les étudiants et le personnel universitaire. L’Unea appelle ainsi le ministère «à revoir» sa décision et à «suspendre» en parallèle les cours et les examens en présentiel jusqu’à ce que la situation sanitaire s’améliore dans l’objectif de préserver la santé de tous.
Quant à l’Union générale des étudiants libres (Ugel), elle a demandé de prendre la santé des étudiants et de la communauté universitaire comme une «priorité extrême». Elle s’insurge contre ce qu’elle qualifie de «décisions arbitraires» liées à la fermeture et la réouverture des campus, et des conséquences négatives sur le rendement, la stabilité mentale et psychologique des étudiants notamment, en période d’examens. L’Ugel plaide ainsi pour la définition des critères scientifiques nationaux permettant de prendre de telles décisions.
Elle propose, par ailleurs, aux autorités compétentes de procéder au recensement des «personnes contaminées dans le milieu universitaire», de suspendre les cours en présentiel dans les universités considérées comme foyer épidémique, d’appliquer le protocole sanitaire avec rigueur et de respecter les mesures préventives. <