Les plages algériennes ont été rendues au public, hier, samedi ; un déconfinement plutôt social, voire économique, dont le but est de permettre aux Algériens de respirer quelque peu et aux entreprises de l’hôtellerie, du tourisme, de l’artisanat et de services de limiter la casse et de sauver une saison qui semble virer au cauchemar.

Cependant, relancer une industrie touristique à la mi-saison, à l’arrêt depuis l’instauration des premières mesures de confinement, intervenues dès la mi-mars, n’est pas si évident, de l’avis même des professionnels et des hôteliers qui craignent une année à blanc et une trésorerie tendue. Dans la capitale et autres grandes villes du pays, certains parcs et centres commerciaux et de loisirs ont repris timidement. Pour attirer la clientèle, des hôtels qui jouissent d’une jetée sur la plage ont placardé des affiches, promettant aux visiteurs une protection sanitaire optimale ; tout est permis pour faire revenir les estivants. La réouverture des plages s’annonce comme une bouffée d’oxygène aux nombreuses petites, moyennes et grandes entreprises de l’industrie du tourisme, appelées, néanmoins, à investir davantage dans les moyens et mesures de sécurité et d’hygiène aux fins de lutter contre la diffusion du virus. Ces entreprises ont été pénalisées par les mesures de confinement instaurées dès la mi-mars, contraintes de baisser carrément rideau, en attendant que le confinement soit levé. Les pertes se chiffrent déjà en plusieurs milliards de dinars, alors que leur évaluation ne fait que commencer. Lors de la précédente rencontre gouvernement-partenaires sociaux, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a évalué les pertes infligées à l’industrie du tourisme et de l’hôtellerie à 27,3 milliards de dinars par mois depuis l’instauration du confinement. Le ministre a indiqué à la même occasion, à titre d’exemple, alors que l’évaluation n’était encore que provisoire, que le chiffre d’affaires du groupe public hôtellerie, tourisme et thermalisme a diminué de 2,7 milliards de dinars par mois. Le chiffre d’affaires de l’Office national algérien du tourisme (Onat) a, lui, baissé de 87,6 millions de dinars par mois, tandis que celui de l’Agence nationale du développement touristique (ANDT) a diminué de 31,56 millions de dinars par mois. Le secteur privé doit attendre les résultats de l’évaluation effectuée par la commission mixte placée sous la présidence du Cnes, lequel devrait justement faire une communication à ce sujet, lors de la tripartite prévue les 18 et 19 aout, réunissant le gouvernement et ses partenaires sociaux, élargie aux organes de conseils sollicités par le gouvernement, dont le Cnes.
La réouverture des plages devrait permettre également à des milliers d’entreprises activant dans l’artisanat et les services de reprendre du poil de la bête après une paralysie qui aura duré près de cinq longs mois. Pour tenter d’atténuer les effets de la crise sanitaire sur ces petits métiers du tourisme, le gouvernement avait promis d’attribuer une allocation de solidarité de 20 000 et 15 000 dinars aux artisans et aux aides-artisans dont le secteur affiche des pertes atteignant 12,07 milliards de dinars par mois. Les agences de voyages sont le seul maillon de l’industrie touristique qui ne devrait pas bénéficier de cette réouverture des plages entamée hier, puisque le flux des voyageurs et le transport aérien restent à l’arrêt en raison de la fermeture des frontières. Cette reprise timide de l’activité saisonnière n’aura, théoriquement, aucun impact positif sur les près de 3 500 agences de voyages que compte le pays, tant il est vrai que ces entreprises se sont investies plutôt dans la gestion des voyages et la promotion des destinations extérieures, alors que peu d’entre elles font dans la promotion du tourisme interne. n