Au moment où de plus en plus de critiques se font entendre à propos de la réouverture totale des mosquées, et plus encore sur la logique du maintien de l’interdiction de la prière du vendredi, alors que d’autres espaces d’affluence sont ouverts, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs a fait savoir hier que les mosquées du pays étaient «progressivement» autorisées à rouvrir. Youcef Belmehdi, dans une déclaration qui s’apparente à une réponse aux critiques, a ainsi précisé que 6 000 mosquées avaient été ouvertes en «coordination avec les autorités de wilaya» depuis le mois d’août dernier «et nous arriverons progressivement à la reprise de la prière du vendredi».
Fermées, en effet, depuis le mois de mars dernier pour des raisons évidentes de risque de contamination, quatre mille mosquées dotées de capacité d’accueil de plus de 1 000 fidèles avaient, pour rappel, été autorisées à ouvrir leurs portes dès le 15 août. Et 2 000 autres l’ont été depuis, selon cette dernière déclaration du ministre. Les protocoles sanitaires restent cependant stricts avec, notamment, le contrôle de la température, du port du masque ou de la distanciation, mais aussi la suspension de la prière collective du vendredi. Cette dernière mesure suscitant aujourd’hui de nombreuses et vives critiques de personnalités, notamment issues des courants islamistes. Ainsi Abdallah Djaballah, président du Front de la justice et du développement (FJD), a dernièrement affirmé que la décision de suspendre la prière du vendredi ne reposait «sur aucun fondement légal». Les Algériens devraient, selon lui, «se réfugier dans les mosquées pour des prières collectives pour implorer Dieu». Abderrezak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a, lui, relayé une déclaration d’un imam appelant à la réouverture des mosquées au motif que les contaminations étaient aujourd’hui «très rares». Dénonçant plus loin une «tolérance zéro» qui ne serait appliquée qu’aux mosquées et salles de prière. Quant au très médiatique cheikh Chemseddine, il s’était notamment interrogé depuis mars «si les maisons de Dieu sont fermées à cause du virus, pourquoi ne ferme-t-on pas les casernes, les sièges des services de sécurité et de la gendarmerie, ainsi que les hôpitaux ?» Déclarations souvent «excessives» à mettre certainement au compte de l’exploitation politique et médiatique de la situation. Le ministre des Affaires religieuses tente toutefois de répondre aux critiques depuis plusieurs jours. Youcef Belmehdi avait en ce sens précisé le 1er octobre dernier, lors d’une visite à Biskra, que la «question» relève du Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie. Le gouvernement étant, selon lui, tout autant «préoccupé» par la réouverture des mosquées que par «la réouverture des frontières ou de la reprise scolaire». n