Hakim Ould Mohamed
Dans un bulletin statistique rendu public, jeudi, le ministère des Finances a levé le voile sur l’évolution des agrégats économiques et financiers du pays durant les cinq premiers mois de l’année, soulignant une nette reprise de l’économie nationale et une amélioration des indicateurs macroéconomiques. Effectivement, dans un contexte mondial marqué par des signaux de reprise qui ne trompent point, «les principaux indicateurs macroéconomiques et budgétaires de notre pays confirment une certaine reprise de l’activité économique et montrent une prise en charge des besoins des citoyens en matière de revenus et de couverture sociale et sanitaire», a souligné le ministère des Finances dans sa note de conjoncture. Cet optimisme ambiant quant à une reprise qui se confirme à travers le monde, le ministère des Finances s’attend à un retour vigoureux de la croissance en 2021, révisant ainsi à +4,2% l’évolution de l’activité économique, contre une prévision initiale de +3,98%.
«Cette amélioration sera principalement tirée de l’amélioration de la croissance du secteur des hydrocarbures et hors hydrocarbures qui atteindraient respectivement +10,1% et +3,2%», détaille le ministère des Finances.

Pour étayer ses pronostics d’une reprise qui ne trompe pas, le ministère fait constater que ce retour de la croissance est reflété par le niveau des recouvrements fiscaux, effectués par l’administration des impôts, lequel a marqué une hausse de 9,5% à fin avril 2021, à 807,65 milliards de dinars, par rapport à la même période de 2020 (737,69 Mrds DA). Au chapitre des échanges extérieurs, le département d’Aymen Benabderrahmane relève une nette baisse du déficit commercial, passant de -3,9 milliards de dollars à fin mai 2020 à -1,3 milliard de dollars à fin mai 2021, en raison, essentiellement, d’un bond de +32,70 des exportations d’hydrocarbures et de 81,71% des exportations hors hydrocarbures. Mais pas seulement.

Hausse des crédits à l’économie
Selon les explications fournies par le ministère des Finances, la baisse du déficit commercial est à mettre également sur le compte des «mesures prises par les autorités publiques pour encadrer le commerce extérieur et qui ont permis de limiter les importations à hauteur de 15,2 milliards de dollars au cours des cinq premiers mois de 2021, contre 18,9 milliards de dollars à la même période de 2019, soit un repli de près de 20%».
Au plan budgétaire, le ministère des Finances souligne que sa stratégie repose sur trois piliers essentiels, à savoir «la maîtrise de la dépense publique et l’amélioration progressive des recettes fiscales, tout en préservant le soutien de l’Etat aux populations vulnérables à travers les transferts sociaux». Dans ce chapitre, le bulletin statistique du ministère des Finances rappelle que l’Etat a alloué des dotations budgétaires de près de 530,0 milliards de dinars aux mesures d’atténuation des impacts de la crise sanitaire de la Covid-19. Dans la même foulée, le même département ministériel fait constater dans sa note une nette hausse des crédits à l’économie, atteignant à fin mars 2021, un encours de plus de 9 711 milliards de dinars, en augmentation de 67 milliards DA par rapport à fin décembre 2020, dont 4 087 milliards de dinars accordés au secteur privé. Dans le cadre des facilitations à l’investissement, le ministère des Finances rappelle que les banques publiques «ont procédé à l’actualisation de leurs procédures en matière de traitement des dossiers de crédit, entre autres, le développement de solutions informatiques, portant sur la dématérialisation des dossiers de crédit qui contribuera à réduire davantage les délais, et se conformer par conséquent aux dispositions» de l’instruction portant réduction à 30 jours des délais de traitement des dossiers de crédit.