La décrue de la pandémie de coronavirus en Algérie se confirme depuis plus d’un mois. De 556 nouveaux cas enregistrés le 1er août dernier, le nombre est passé à 238 cas avant-hier. Ces données ont permis aux professionnels de la santé d’affirmer que «la situation épidémique est stable», ce qui a ouvert la voie à l’ouverture de nombreux secteurs d’activité, de différents commerces, mosquées et lieux de détente. Mais d’autres restent toujours en attente, comme la reprise des écoles et des universités, ainsi que des transports inter-wilayas.

Si la stabilité de la situation épidémique est constatée, comment peut-on expliquer alors la non-reprise des secteurs susmentionnés, notamment les écoles et quel serait alors le seuil de la stabilité requise selon les professionnels de la santé ? Différents paramètre sont à prendre en considération actuellement, de l’avis du Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, selon lequel il doit encore y avoir «consolidation des acquis» comme il faudra «s’assurer d’abord d’une véritable stabilité et de la tendance baissière».
«Oui il y a une stabilité de la pandémie aujourd’hui», a-t-il confirmé, hier, dans une déclaration à Reporters, avant de noter qu’«actuellement, il y a des événements intercurrents dont il faudra tenir compte». «Il y a les épreuves de l’examen du baccalauréat qui sont en cours. Ensuite, il faudra attendre la correction qui se fera la semaine prochaine. Pour nous, au Comité scientifique, on attend que cela passe pour voir si les protocoles sanitaires mis en place pour ces épreuves ont donné les résultats escomptés», a expliqué Dr Bekkat Berkani.
Il fera savoir, par la même occasion, que les protocoles sanitaires proposés par le ministère de l’Education nationale et celui de l’Enseignement supérieur avec le Comité scientifique, aussi bien pour la rentrée scolaire (écoles, collèges et lycées) qu’universitaire sont prêts et ont été agréés en attendant la reprise.
Dr Bekkat Berkani, qui est également président du Conseil national de l’Ordre des médecins, a insisté sur «le fait qu’il y a encore des examens, la correction et l’attente des résultats, on ne peut pas encore ouvrir, mais le temps qui va s’écouler nous permettra de nous assurer de la véritable stabilité et de la tendance baissière».
Pour lui, il ne serait pas du tout souhaitable d’ouvrir et de refermer par la suite, et ce, dans l’intérêt de tous, notamment des enfants scolarisés. «Les établissements scolaires ne sont pas encore ouverts. Mais, a contrario, si on doit ouvrir les écoles et qu’il y a une régression de la situation épidémiologique avec une augmentation des cas de contaminations à la Covid-19, que va-t-on faire alors ?», s’est-il demandé avant de répondre «il est évident que nous allons les refermer». Ainsi, cette situation est à éviter absolument, selon notre interlocuteur, car «on ne peut pas se permettre de déconfiner et de reconfiner, etc. comme cela s’est passé dans d’autres pays, et cela, pour le bien surtout des enfants qui seront perturbés».

«Consolider les acquis»
Le plus important durant cette pandémie, qui évolue de façon très inquiétante à travers de nombreux pays dans le monde, est de «consolider les résultats acquis», selon Dr Bekkat Berkani. Il reste encore un peu de temps pour prendre une décision réfléchie, sans précipitation, a-t-il dit. «Nous avons encore jusqu’à la fin du mois pour que le gouvernement prenne une décision, car je le répète, c’est le gouvernement qui décide de la rentrée et fixe la date et non pas le Comité scientifique qui, lui, évalue la situation épidémiologique sur laquelle se base le gouvernement dans ses décisions».
Le gouvernement, de l’avis du président du Conseil national de l’Ordre des médecins, «même s’il avait avancé le 4 octobre pour la rentrée avant de l’évacuer, a eu une attitude de sagesse en disant qu’il ne fixe pas de date actuellement, car la date est tributaire de la situation épidémiologique». Il a ajouté que, de son avis, la date peut être fixée même une semaine avant, car c’est suffisant pour que les enseignants soient appelés et que les parents soient informés. «La stabilité épidémiologique est là. Il nous faut la consolider encore plus et consolider les acquis en termes de résultats réalisés», a conclu Dr Bekkat Berkani, qui avait déjà indiqué, il y a quelques jours, en parlant des autres secteurs non encore ouverts, que c’est «lorsqu’on aura une cinquantaine de cas par jour qu’on pourra alors tout ouvrir, ce qui n’est pas le cas actuellement».
Un autre membre du Comité scientifique, le professeur Smaïl Noureddine, estime lui aussi qu’il y a stabilité de la pandémie en Algérie. «La situation épidémiologique est en régression ces derniers temps. Nous sommes en train de voir une diminution du nombre de cas et une certaine stabilité aussi pour le nombre de décès. Tout laisse à dire que nous sommes sur une accalmie, une stabilité de la pandémie dans le pays», a-t-il déclaré sur les ondes de la Radio nationale. Soulignant que c’est «l’évolution de la situation épidémique dans les prochains jours qui déterminera et tranchera la question de la reprise des écoles». n