Dans le secteur de l’Education nationale, seul le Syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l’Education nationale (SNCCOPEN) dispose des 20% de la représentativité qu’impose la loi de représentativité 90-14 relative à l’exercice syndical, a indiqué, hier, Rabah Mekhazni, le directeur des relations de travail au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.

Le reste des organisations syndicales représentant les enseignants « ne remplissent pas les conditions de représentativité » et sont, de fait, interdites de débrayer ou encore d’être associées à des négociations avec les pouvoirs publics, a-t-il fait savoir. Notant que 17 des 30 demandes déposées par les syndicats ont été acceptées et que les concernés par l’aval de la tutelle peuvent exercer dans la légalité, M. Mekhazni indiquera que les organisations syndicales qui n’ont pas répondu à ce taux ne sont pas pour autant interdites d’activités. Et pour cause, « la tutelle n’a pas l’intention de dissoudre les syndicats qui ne répondent pas aux conditions de représentativité », a-t-il expliqué. Elles peuvent « renouveler leurs demandes pour obtenir un agrément et mener un travail de proximité avec les travailleurs pour les faire adhérer dans leurs structures », a-t-il ajouté.
En attendant, le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapeste), Messaoud Boudiba, réagit et dénonce l’attitude de la tutelle. « Le ministère du Travail aurait dû nous contacter pour nous dire que nous ne sommes pas représentatifs au lieu de donner l’information aux médias », dira M. Boudba, dont le syndicat a, faut-il le rappeler, paralysé les établissements scolaires par une grève de près de trois mois.
« Tout le monde est au courant que nous représentons plus de 20% du corps enseignant. Nous avons coutume de prouver notre représentativité conformément à la loi 009/97 en nous contentant de communiquer une liste comprenant les numéros des adhérents », souligne notre interlocuteur. Avant de rappeler que, le 25 mars dernier, le Cnapeste a été surpris par une correspondance de la tutelle qui « nous fait savoir que nous devons prouver notre représentativité suivant les nouvelles mesures, en donnant les noms et prénoms des adhérents et leurs numéros d’affiliation sociale ». « Une opération qui nécessite », selon M. Boudiba, « des mois de travail et non quelques jours ». Pour lui, ces déclarations sont « provocatrices et visent probablement la restriction de l’activité syndicale », dénonce le porte-parole du Cnapeste. Dans le secteur de la Santé, lui aussi en effervescence sociale depuis des mois, le directeur des relations de travail au ministère du Travail, dira que sept syndicats ont rempli les conditions de représentativité. Il s’agit, entre autres, du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), du Syndicat national des vétérinaires fonctionnaires de l’administration publique (SNVFAP), du Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy), du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) et de l’UGTA. A noter également la présence du Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions (SNTMA) sur la liste des syndicats retenus par la tutelle. La semaine dernière, le ministre du Travail avait rappelé que seuls 16 syndicats avaient remis leurs dossiers et 14 autres avaient remis des données erronées. «14 syndicats, dont 5 activant dans le secteur de l’Education, ont remis des chiffres qui dépassent le nombre de tous les travailleurs du secteur », avait déclaré Mourad Zemali.
Avant d’inviter ces syndicats à « fournir des données correctes avec la mention du nom et prénom du travailleur et son numéro de sécurité sociale, pour permettre aux inspections du travail de procéder à la vérification des données ». La tutelle a, pour rappel, transmis aux syndicats autonomes leur obligation de communiquer les éléments permettant d’apprécier leur représentativité, conformément aux dispositions des articles 34 à 37 bis de la loi 90-14 de juin 1990.