Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, a adressé, mardi dernier, un nouveau message aux syndicats autonomes portant sur la représentativité syndicale des travailleurs et d’employeurs.

Dans ce sens, le ministre a rappelé que «le droit à l’activité syndicale est garanti par la loi et ces syndicats ont le droit d’activer».
Il a réitéré néanmoins ses positions, déjà exprimées auparavant, précisant que ces syndicats «doivent, également, répondre à certaines exigences». Il a donc rappelé aussi que tous les syndicats ont été mis en demeure de «prouver» leur représentativité.
Ces derniers ont été avisés qu’ils «ont le temps jusqu’à la fin du mois en cours pour répondre aux interpellations du ministère» et qu’au-delà de cette date «ils n’auront pas le droit d’activer», a menacé le ministre du Travail.
Ce discours n’a d’ailleurs pas été apprécié au sein du mouvement syndical, dont une grande majorité de structures représentantes «ne dispose pas de plus de 20%» de représentativité, avait déjà estimé M. Zemali.
Les exigences du ministère du Travail pour la pratique du droit syndical «visent à stopper les mouvements de grève qui inquiètent les différents départements ministériels», considère le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), M. Achour.
«Il est malheureux que l’Etat élabore des lois et en fait la lecture qui l’arrange. Le ministre devrait nous laisser travailler sur le terrain pour pouvoir atteindre les 20%, exigé en Algérie», regrette-t-il.
«Ce n’est pas à nous d’envoyer la liste des représentants, mais c’est au ministère du Travail de se rapprocher des différents départements ministériels pour qu’il ait des informations sur le nombre d’adhérents de chaque syndicat, car un syndicat autonome n’a pas à remplir un fichier national», ajoute M. Achour, alors que, de son côté, Nabil Ferguenis, membre du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) va plus loin en estimant que le ministère du Travail «ne veut pas uniquement interdire les débrayages, mais veut aussi barrer la route aux travailleurs du secteur économique qui veulent créer un syndicat autonome indépendamment de la centrale syndicale UGTA».
M. Ferguenis cite à ce sujet l’exemple des travailleurs du complexe sidérurgique d’El Hadjar et ceux de la SNVI de Rouiba qui, dit-il, veulent créer leur propre syndicat, «mais ils ne pourront pas le faire avec la mesure de M. Zemali».
«La tutelle ne veut pas de syndicat autonome dans le secteur économique», ajoute le membre du Satef, et c’est «pour cette raison que les travailleurs seront contraints de rester au sein de l’UGTA », ajoute-t-il.
M. K.