Le ministère de la Jeunesse et des Sports et le « nouveau » président de la Fédération algérienne de football (FAF) se sont réveillés un peu tard pour comprendre enfin que l’Algérie doit être représentée au sein du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). En effet, ce n’est que mercredi dernier qu’on a appris que la FAF a désigné le 2e vice-président Bachir Ould Zmirli pour être candidat au Comité exécutif de la CAF.

Il faut juste savoir que la Confédération africaine de football (CAF) tiendra, le 2 février prochain au Maroc, coïncidant avec la veille du coup d’envoi du Championnat d’Afrique des joueurs locaux, une assemblée générale extraordinaire pour élire quatre membres supplémentaires au comité exécutif.
Une opération rendue obligatoire après le départ de Kwesi Nyantakyi (Ghana zone Ouest), Constant Omari (RDC zone Centrale), Tarak Bouchemaoui (Tunisie zone Nord), Almamy Kabele Camara (Guinée zone Ouest A), devenus membres du comité exécutif de la FIFA.
Ces départs ouvrent les portes toutes grandes pour leur remplacement au niveau de quatre zones, à savoir zone Ouest B (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Niger, Nigeria et Togo), la zone Centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RD Congo, Sao-Tomé et Principe, Tchad), la zone Nord (Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Tunisie), la zone Ouest A (Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Sénégal, Sierra Leone). Comme le Maroc, l’Egypte et la Tunisie y sont déjà, il ne reste donc que deux candidats dans la Zone Nord pour un poste, à savoir un Algérien et un Libyen. Il est utile de noter que jamais l’Algérie n’a été aussi bien représentée dans les instances régionales, continentales qu’internationales que du temps de l’ex-président de la FAF, Mohamed Raouraoua.

L’attentisme du MJS
Ironie du sort, des observateurs se posent toujours la question de savoir pourquoi le même ministre de la Jeunesse et des Sports n’a pas jugé important que la FAF soit bien représentée au sein de ce même Comité exécutif lors de la dernière élection de ce comité de l’instance africaine de football alors que l’Algérien Mohamed Raouraoua n’attendait qu’une « toute petite déclaration que ce soit » de la part d’un de ses responsables hiérarchiques pour le pousser à s’engager à fond dans la perspective de garder son poste ?
Mais, les spécialistes répondent tout de suite, c’est parce que le ministre de la Jeunesse et des Sports en personne ne cessait de demander le « départ de la FAF » de Raouraoua. On se rappelle bien ce qui s’est passé la veille des élections de la FAF, où tout le monde attendait la candidature de Raouraoua qui, finalement, ne s’est pas représenté afin d’éviter un bras de fer direct avec la tutelle qui ne voulait plus de lui à la tête de la FAF qui, justement, exerce sous « sa » délégation.

Le Maroc sur la voie royale
C’est le Marocain Faouzi Lekdjaa, président de la Fédération royale marocaine et l’un des pires « ennemis » du football algérien, qui a été vainqueur face au représentant algérien. Et ce grâce au soutien du Palais royal. C’est finalement Kheireddine Zetchi qui présente sa candidature à la présidence de la FAF la nuit de l’opération élection. La suite est bien connue…
Pire encore, le nouveau président de la FAF se fait un « principe » d’écarter toute personnalité, toutes compétences confondues, aussi de l’instance de la FAF, qui avait travaillé en collaboration avec l’ex-président Raouraoua. Seul rescapé, l’actuel président de la Ligue qui souffre des « ingérences » et des « remarques régulières » faites par le boss de la FAF à son encontre. Or, il s’avère que Kerbadj est l’une des « assurances » de la FAF au sein du Comité exécutif de la CAF, lui, qui est déjà dans la commission des compétitions interclubs et gestion d’octroi des licences des clubs de cette instance continentale. Avec ses compétences déjà reconnues et ses « connaissances » des rouages de la CAF, il constitue une belle carte « atout » pour gagner ce poste au sein du CE de la CAF. Mais, finalement et après concertation, les responsables de la FAF ont désigné Bachir Ould Zmirli candidat de l’Algérie. Or, qui connaît Ould Zmirli au sein de la CAF ? La réponse est connue de tous, personne, sauf, l’autre « Algérien », dont le nationalisme n’est plus à présenter, à savoir Mohamed Raouraoua, et qui, certainement, va aider son « compatriote » en lui montrant les « astuces » des arcanes de la CAF pour tenter de gagner cette place promise à un représentant du Nord de l’Afrique à la CAF contre, le très « expérimenté » Libyen, Djaâfari Djamel.

Quelles chances pour Ould Zmirli ?
D’ailleurs, cette désignation de M. Ould Zmirli n’a été concrétisée qu’après la déclaration « enfin » du ministre de la Jeunesse et des Sports qui est sorti de son mutisme à propos de l’élection d’un Algérien au sein de la CAF. En effet, il a fallu attendre sa récente visite à la wilaya de Mila pour entendre le ministre El Hadi Ould Ali affirmer que « l’Algérie doit récupérer son siège au niveau du comité exécutif de la CAF, après l’avoir perdu au mois de mars dernier. La FAF est autorisée à choisir l’homme capable d’assurer la victoire à l’Algérie ». Et juste après, les responsables de la FAF ont finalement désigné le 2e vice-président Bachir Ould-Zmirli candidat au comité exécutif de la CAF. Les chances du candidat de la FAF sont vraiment minimes devant l’« aura » du Libyen Djaâfari, très au fait des rouages et coulisses de la FAF devant le « novice » algérien Bachir Ould Zmirli. Encore, faut-il savoir qu’en réalité, cette candidature devrait être celle du président de la FAF, Kheireddine Zetchi. Et c’est à se demander si ce n’est pas la peur d’échouer dans cette course qui a fait qu’il n’aurait pas postulé lui-même à ce poste ?

La FAF joue gros
Là, il est important de rappeler que lors des dernières désignations de la CAF pour les commissions permanentes de cette instance, la dernière liste du président Zetchi a été refusée par la CAF. Le président de la FAF avait proposé Tikanouine à la commission technique, Bahloul, à la Commission des compétitions, Saâd à la Commission Médias et enfin Amalou à la commission d’arbitrage. Mais, la CAF a finalement retenu Mahfoud Kerbadj, l’actuel président de la LFP dans la commission d’organisation des compétitions interclubs et de la gestion de l’octroi des licences de clubs, Toufik Korichi, instructeur CAF-Fifa et ex-DTN de la FAF, dans la commission technique et de développement, Yacine Zerguini, dans la commission médicale et le duo Hedi Hamel et Abdelkader Berdja dans la commission médias. En somme, une véritable défaite de la FAF devant la CAF alors Ould Zmirli pourrait-il vraiment sauver la FAF de Zetchi une fois à la CAF ? Réponse le 2 février prochain au… Maroc.