L’Algérie compte environ 12 000 cas cumulés depuis le début de juillet, alors que le total des contaminations depuis l’apparition du premier cas de Covid-19 dans le pays, le 25 février dernier, a atteint 26 764 jusqu’à hier. C’est dire que près de la moitié des cas d’infection a été enregistrée durant les seuls 25 jours du mois courant, qui sera «clôturé» par la célébration de la fête du sacrifice vendredi 31 juillet.

L’activité virale du nouveau coronavirus (Covid-19) qui, ces dernières semaines, va crescendo, constitue un véritable imbroglio pour les autorités sanitaires. Le nombre de contaminations en hausse avec des records qui s’enchaînent de jour en jour, notamment depuis le début du mois, complique la situation chaque jour un peu plus avec des services Covid affichant complet au niveau des hôpitaux et un épuisement sans pareil du personnel soignant mobilisé depuis cinq mois.
Cette situation épidémiologique, qui semble inextricable, fera que le confinement partiel auquel sont soumises la majorité des wilayas du pays soit, sans aucun doute, reconduit. Le confinement partiel à domicile, mesure prise par les pouvoirs publics pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus, expire demain après avoir été reconduit le 18 juillet dernier pour une période de 10 jours dans 29 wilayas (Adrar, Chlef, Laghouat, Oum El Bouaghi, Batna, Béjaïa, Biskra, Béchar, Blida, Bouira, Alger, Djelfa, Sétif, Sidi Bel Abbès, Annaba, Constantine, Médéa, M’Sila, Mascara, Ouargla, Oran, Bordj Bou-Arréridj, Boumerdès, Tissemsilt, El Oued, Khenchela, Souk Ahras, Tipasa et Relizane).
Mais au vu de la situation épidémiologique dans d’autres wilayas, comme Tizi Ouzou ou El Tarf, des mesures ont été prises par les autorités locales au niveau des communes où ont été constatés, par la suite, de nouveaux cas confirmés de Covid-19 ou encore de nouveaux foyers de coronavirus. Idem pour une bonne partie des 29 wilayas susmentionnées où les autorités locales ont dû prendre des mesures supplémentaires, comme c’est le cas à Alger, Sétif, M’sila, Biskra, Djelfa et d’autres.

La hantise d’une flambée post-Aïd
La vitesse grand V à laquelle se propage le coronavirus, l’augmentation ces derniers jours de la contagiosité du virus étant établie par les scientifiques, rendent fort probable la reconduction du confinement partiel. Le pays n’aura même d’autre choix que de maintenir le confinement sachant que c’est le seul moyen de contenir la propagation de l’épidémie, surtout que la fête de l’Aïd El Adha – synonyme de retrouvailles, regroupements et visites familiales, donc de circonstances favorables à une flambée des contaminations comme ce fut le cas après l’Aïd El Fitr – avance à grand pas.
Le décompte des cas de contaminations depuis le début du mois en cours donne froid dans le dos. Une ascension fulgurante est constatée. L’Algérie compte environ 12 000 cas cumulés depuis le début de juillet, alors que le total des contaminations depuis l’apparition du premier cas de Covid-19 dans le pays, le 25 février dernier, a atteint 26 764 jusqu’à hier.
C’est dire que près de la moitié des cas d’infection a été enregistrée durant les seuls 25 jours du mois courant, qui sera «clôturé» par la célébration de la fête du sacrifice vendredi 31 juillet, avec tout ce que cela représente comme risque sanitaire en cette période «très inquiétante» de la pandémie, comme l’a qualifié le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Pr Abderrahmane Benbouzid.
En effet, durant les quatre derniers jours seulement, soit depuis mercredi dernier, l’Algérie a enregistré 3 073 nouveaux cas de coronavirus, selon les chiffres présentés par Dr Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. Nombreuses sont les wilayas les plus touchées qui connaissent un nombre d’infections inquiétant. Il s’agit, selon le même responsable, outre le trio de tête représenté par Alger qui totalise 2 572 cas confirmés, Sétif (2 340) et Blida (2 287), d’Oran, Constantine, Ouargla, Biskra, Béjaïa, El Oued, M’sila et Bordj Bou-Arréridj, pour ne citer que celles-là.

Le prix de l’indiscipline
Cela fait exactement un mois depuis que le pays a franchi la barre de 200 cas, en atteignant, le 26 juin dernier, le record de 240 nouveaux cas par jour. Depuis, la «machine» pandémique s’est emballée et la situation épidémiologique a nettement évolué pour dépasser les 600 cas par jour, sans oublier que le nombre de décès, après s’être maintenu sous la barre de dix morts par jour, a fini par franchir cette barre pour atteindre les 13 décès par jour. Ces tristes records sont, en grande partie, le fait de l’indiscipline d’une partie de la population même si les scientifiques parlent aussi d’un plus grand nombre de dépistage puisque le pays dispose d’une trentaine de laboratoires pour ce faire à travers le territoire national.
L’indiscipline, l’insouciance et le laisser-aller ont un prix. Nul besoin de réaffirmer ce que les professionnels de la santé de différentes régions du pays, dont des responsables au niveau des hôpitaux et des professeurs qui s’occupent des patients Covid, ont pointé du doigt le relâchement d’une partie de la population qui ne respecte pas les principales mesures de prévention que sont le port obligatoire du masque ainsi que la distanciation physique.
Les mises en garde contre la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays n’ont pas manqué, que ce soit de la part du personnel médical, qui avoue ouvertement son épuisement et son malaise devant les comportements d’indifférence ou de déni, mais le résultat est le même, de la part des autorités sanitaires ou encore des plus hautes autorités du pays. Alertes et mises en garde n’ont pas cessé depuis le début de la pandémie dans le pays.

Plus de 620 000 morts dans le monde
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, à son tour, mis en garde, une nouvelle fois, contre les relâchements face au nouveau coronavirus alors que la pandémie a causé plus de 15 millions de contaminations dont près de 620 000 décès dans le monde. Ce nouvel avertissement intervient après son constat «ces dernières semaines, que certains foyers de transmission ont été associés à des rassemblements sociaux», et même dans «des endroits où la transmission avait été supprimée».
«Tant que coronavirus circule, tout le monde est en danger», a déclaré son Directeur général, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, jeudi dernier. «Ce n’est pas parce que le nombre de cas est faible là où vous vivez que vous pouvez baisser votre garde. Ne vous attendez pas à ce que quelqu’un d’autre vous mette en sécurité», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse virtuelle, organisée depuis Genève. «Beaucoup de personnes sont chez elles depuis des mois. Il est tout à fait compréhensible que les gens veuillent reprendre leur vie en main», a-t-il dit, soulignant que «le meilleur moyen de supprimer la transmission du coronavirus et de sauver des vies est d’amener les individus et les communautés à gérer leurs propres risques» et qu’«aussi bien à titre individuel qu’au sein de la communauté, il faut prendre des décisions fondées sur des données probantes pour protéger sa propre santé et celle de son entourage». n