De nombreux comités de quartier ayant activement participé au Hirak se sont vu refusé, hier, l’accès à la salle de réunion de la wilaya de Annaba, où se tenait une réunion entre l’exécutif et la société civile, à propos du dossier du logement. Les représentants des comités auxquels l’accès a été refusé sont pourtant des habitués de ces réunions, mais depuis qu’ils ont pris part de manière active à la révolte populaire pacifique, encadrant les marches et évitant les débordements, les choses semblent avoir changer. Les comités de quartier qui se sont opposés au pouvoir en réclamant, chaque vendredi depuis plus de 13 semaines, le départ du système, semblent être devenus pour les commis de l’Etat des persona non grata. «Seuls les élus et les associations faisant partie de ce qui constituait «l’Alliance présidentielle» ont été autorisés à prendre part à cette réunion qui concerne pourtant tous les citoyens d’Annaba, qui ont démontré en majorité qu’ils sont engagés pour le départ du système», a affirmé le président de l’Union des associations de quartiers, Dorbani Smaïl, dans un communiqué adressé à notre rédaction.
«Les associations exclues se demandent, à juste titre, pourquoi ont-elles été exclues alors qu’elles représentent un nombre important d’habitants de la wilaya ? Pourquoi les autorités agissent-elles ainsi en plein Hirak ? Pour quelles raisons les réunions sont tenues secrètes, si leur but est réellement d’étudier des dossiers en tenant compte de l’intérêt collectif des habitants de la wilaya de Annaba ?», s’interroge M. Dorbani. Avant de poursuivre «Monsieur le wali, si vos réunions sont ouvertes, pourquoi nous a-t-on été exclus ? Et si elles ne le sont pas, alors pourquoi autoriser quelques associations seulement à y assister ?»
M. Dorbani dénonce la politique de deux poids, deux mesures que les autorités locales sont en train d’appliquer à Annaba, réclamant le droit pour les associations de quartier de prendre part aux réunions décisives pour l’avenir des différents quartiers de la ville, en leur qualité de «représentants» desdits quartiers.n