L’examen du projet de loi sur la santé au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN) a été ajourné jusqu’à l’été prochain. « Les ingrédients ne sont pas encore réunis pour le débattre actuellement», a indiqué hier le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abdelmalek Boudiaf, en marge d’une journée d’information sur les soins à domicile.

« L’APN a beaucoup de dossiers à examiner avant de passer à celui de la santé», a-t-il déclaré, en précisant que c’est une période de « pré-élections ». Des échéances législatives où les députés sont occupés surtout par les campagnes électorales. Le ministre indique à cet effet qu’il est «intéressant» que le projet de loi sur la santé soit discuté d’une manière structurée, enrichie, pour bien apporter des correctifs si besoin y est » dans l’intérêt du pays et des citoyens. À ses yeux, le projet de loi sanitaire est un « projet de société. Il ne mérite pas seulement l’attention des députés mais aussi de tous les citoyens». «Personnellement, je suis d’avis que ce projet soit discuté prochainement et il se fera probablement avec une nouvelle équipe de députés à l’APN », a-t-il dit. Sur un autre volet, le ministre a réitéré l’engagement de l’Etat à préserver les acquis sociaux. « La gratuité des soins n’est pas supprimée. Les articles 12 et 20 du projet de loi sanitaire en sont la preuve », a-t-il soutenu. Concernant les soins à domicile, M. Boudiaf indique que c’est une notion qui « requiert une place importante dans notre système de santé ».
Elle résulte d’une « transition épidémiologique et d’une espérance de vie plus importante nécessitant ainsi des besoins en santé plus adaptés». Ce dispositif, mis en œuvre à partir de 2014, a connu un début « timide » en assurant uniquement des soins aux diabétiques. Depuis 2016, les services de santé assurent le suivi des cancéreux et autres malades atteints d’autres pathologies. Actuellement, « plus de 78% des établissements publics de proximité assurent cette activité prescrite notamment pour les personnes âgées handicapées présentant une affection de longue durée ou pour des personnes ayant perdu leur autonomie ». En effet, près de
« 40 000 cas » ont été suivis en 2016, souligne le ministre. Pour 2017, il a exprimé son ambition de voir ces soins s’étendre aux soins ponctuels et continus. Actuellement, les soins à domicile sont « institutionnalisés», souligne le ministre. Tous les établissements sont concernés par cette instruction « ce n’est pas un choix ou une expérience à vivre mais une obligation pour les établissements d’assurer ce service». Les équipes ambulantes sont composées essentiellement du personnel paramédical, par conséquence, les institutions sanitaires publiques ou privées sont dans l’obligation d’assurer une formation pour leur personnel. Au niveau des zones reculées et montagneuses, le ministre a donné instruction à ce qu’aucun moudjahid ne se déplace à un établissement de santé pour se soigner, mais aux équipes ambulantes de se rendre chez lui pour lui prodiguer les soins nécessaires.