PAR NAZIM BRAHIMI
Le procès de Fethi Gheras, coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), a été reporté au 12 décembre. Mis sous mandat de dépôt le 1er juillet dernier, le sort de Fethi Gherras ne sera connu que la semaine prochaine, qui verra le chef politique boucler plus de cinq mois de détention provisoire.
Le procès devait s’ouvrir ce 5 décembre au Tribunal de Baïnem (Bab El Oued) après cinq mois de détention provisoire. Le report a été justifié par le refus du collectif d’avocats que le procès se déroule à distance. Le tribunal a donc accepté de reprogrammer le procès le 12 décembre avec la présence du responsable politique, qui a eu hier des marques de solidarité des chefs des autres formations politiques, comme la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune.
Les avocats, qui ont rappelé les péripéties de cette affaire, ont relevé que le chef du MDS a été présenté devant le procureur du tribunal de Baïnem (Bab El Oued) le 1er juillet 2021, ont relevé que ce dernier a transmis son dossier devant le juge d’instruction du même tribunal qui l’a placé sous mandat de dépôt. Les demandes de remise en liberté provisoire effectuées par la défense ont été rejetées par la Cour d’Alger, regrettent les membres du collectif d’avocats, qui soulignent que la dernière en date est celle introduite auprès de la chambre d’accusation de la Cour d’Alger.
Fethi Gherras est poursuivi pour des «publications ayant pour but de porter atteinte à l’unité nationale», «publications ayant pour but de porter atteinte à l’intérêt national», «publications ayant pour but de porter atteinte à l’ordre public», «incitation à la haine», «outrage à corps constitué» et «atteinte à la personne du Président de la République».
Pendant cette période de détention, le collectif de défense de Fethi Ghares a dénoncé la détention «arbitraire» de ce dernier ainsi que l’inaction de la justice dans l’instruction de son dossier. «Fethi Ghares a été placé en détention provisoire depuis le 1er juillet dernier, alors qu’il n’a ni volé ni détourné de l’argent public», s’indignent ses avocats. «Il a seulement exprimé ses opinions politiques au moment où les Algériens militaient pour un changement pacifique», a souligné Maître Mustapha Bouchachi, l’un des membres du collectif de défense, lors d’une conférence de presse, organisée au siège du MDS à Alger.
«Ce n’est ni moral ni éthique de voir les juges mettre un militant politique en prison pour, ensuite, prendre congé et de n’enclencher aucune procédure. Le message est clair avec son maintien en prison durant toute cette période, dire aux partis politiques, aux syndicats et aux militants pour les droits de l’Homme que nul n’échappe à la répression», avait soutenu Me Bouchachi, qui précise que le coordinateur national du MDS présente toutes les garanties pour une liberté provisoire.
Fethi Ghares se trouve en prison «uniquement pour ses opinions politiques» diffusées à travers les médias et les réseaux sociaux, a plaidé Me Bouchachi, pour qui «toutes les accusations mentionnées dans le procès-verbal des officiers de la police judiciaire ont été maintenues par le procureur de la République». Le coordinateur du MDS a été arrêté chez lui, à Gué de Constantine, le 30 juin dernier, avait indiqué le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), qui a souligné qu’après son arrestation par des éléments en civil, il a été emmené au commissariat 5e (Bab El Oued). La même source a ajouté que «les policiers l’ont ramené à nouveau chez lui avec ordre de perquisition. Sa maison perquisitionnée et fouillée par les éléments qui l’ont emmené à nouveau vers une destination inconnue», relevant que Fethi Gherras a été interpellé à plusieurs reprises depuis le début de l’année en cours lors des manifestations du vendredi.