Mouad Bouchareb a démissionné, hier, de son poste de président de l’Assemblée populaire nationale (APN). Sa démission est intervenue peu de temps avant l’ouverture de la séance plénière, destinée à la clôture de la session parlementaire.

Bouchareb, qui s’apprêtait à rentrer dans l’Hémicycle pour lire le discours de clôture de la session, a été apostrophé par des députés lui conseillant de rendre le tablier compte tenu du boycott de l’ensemble des groupes parlementaires à la session. Bénéficiant de très peu de soutiens parmi les députés FLN, Bouchareb a dû se rendre à l’évidence, qu’en l’absence d’appuis parmi les parlementaires, il lui était impossible de clôturer la session. D’où son option en faveur de la démission. Aussi, la veille de la séance de clôture, soit lundi dernier, lors de la session plénière qu’il avait programmée pour installer de nouveaux députés en remplacement de ceux démissionnaires, Bouchareb avait fait face au boycott de la quasi-totalité des parlementaires. Résultat. Il n’a pu réunir le quorum pour installer les députés. C’est en ayant cet antécédent en tête que Bouchareb a finalement décidé de rendre le tablier. S’en est suivie une réunion du bureau de l’Assemblée nationale présidée par le vice-président Mohammed Moussaoudja, pour prendre acte de la démission de Bouchareb. « Après avoir pris acte de la démission, les membres du Bureau ont constaté à l’unanimité la vacance du poste de président de l’APN. Conformément aux dispositions de l’article 10 du règlement intérieur de l’APN, le Bureau a décidé de soumettre le dossier de vacance du poste de président de l’APN à la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés pour élaborer le rapport constatant la vacance », lit-on dans un communiqué remis sur place à la presse. Dans le même temps, le bureau a décidé de charger le vice-président, Terbeche Abderrezak, de la gestion des affaires de l’Assemblée jusqu’à l’élection d’un nouveau président. Khaled Bouriah, président du groupe parlementaire du FLN a expliqué dans une déclaration à Reporters que « Bouchareb ne pouvait pas rester en place compte tenu de l’opposition grandissante à son égard. Il n’avait pas d’autre choix que de partir ». Précisant que « son départ a été revendiqué conformément à l’exigence du mouvement du 22 février », a-t-il soutenu, avant de préciser que « son départ est un facteur de stabilisation de l’Assemblée populaire nationale ». Le départ de Bouchareb a suscité le soulagement parmi les parlementaires dont essentiellement ceux du FLN et du RND. Côté ANR, un communiqué a été rendu public en réaction à cette démission, dans lequel il est question d’un satisfecit par rapport à « ce geste qui constitue la réponse à une des revendications majeures du mouvement populaire ». Si Affif a expliqué que sous peu, il sera question d’une rencontre de la commission juridique pour constater la vacance et recueillir les candidatures à la présidence de l’APN.

Report de la séance de clôture
La démission de Bouchareb a eu pour conséquences le report de la clôture de la session parlementaire. Les députés, qui ont vu Bouchareb résister à l’ensemble des hostilités et attaques dont il a fait l’objet, surtout du côté de son parti le Front de libération nationale (FLN), avaient du mal à réaliser son geste. Hébétés et tétanisés à la fois, ils n’ont pu remédier à la situation en trouvant une alternative pour procéder à la clôture de la session. D’où le report de la clôture. Il faut dire que sur le plan réglementaire, une date sera fixée ultérieurement pour la tenue d’une séance plénière consacrée à la validation de la vacance du poste de président de la chambre basse, avant de procéder à l’élection d’un nouveau président dans un délai ne dépassant pas 15 jours. Il est utile de souligner à cet égard que Saïd Bouhedja, qui a été évincé de son poste de président de l’APN au profit de Bouchareb, était tout sourire, hier. Il espère, en effet, revenir à son poste à travers l’introduction d’une action judiciaire au niveau du conseil d’Etat. « Légalement, j’ai toutes mes chances de revenir à l’APN et la justice répondra favorablement à mes doléances », a-t-il déclaré à Reporters. Cependant, le secrétaire général du FLN, Mohamed Djemaï, ne l’entend pas de cette oreille. Contacté par Reporters, il a expliqué qu’« il existe énormément de cadres et de compétences au FLN parmi le groupe parlementaire qui peuvent succéder à Bouchareb ». A suivre…