La page du confinement et son lot de restrictions a été tournée, hier, à la faveur de la réouverture des plages, mosquées, cafés, restaurants et espaces de loisirs et de détente, ce qui a permis à de nombreux citoyens de souffler après plusieurs mois de privation.

Un bol d’air qui s’est traduit par une affluence considérable enregistrée vers les stations balnéaires qui ont renoué avec l’ambiance des saisons estivales précédentes. Une saison qui vient de commencer exceptionnellement à la mi-août et sera de courte durée et vécue sous le signe de la vigilance sanitaire.
A l’évidence, la réouverture des plages ne manquera pas de générer une réanimation de l’activité dans les alentours. Cela ne devrait pas se faire, cependant, en violation des mesures de prévention que ne cessent de recommander les autorités sanitaires qui mettent en garde contre le risque d’un retour au confinement si la situation venait à se détériorer de nouveau.
D’autant plus que l’arrêté portant sur la réouverture de ces espaces ne court pas, du point de vue réglementaire, au-delà du 31 août en cours. Ce qui est de nature à pousser les gens à un surcroît de vigilance et de conformité aux gestes barrières notamment le port du masque et la distanciation physique. Or, les échos parvenus des villes côtières, au premier jour d’une reprise tant attendue par les estivants, sont loin de rassurer à ce sujet car faisant état d’une faible adhésion des estivants aux exigences sanitaires de l’heure, jusqu’à donner le décor suggérant à lire la fin de la pandémie alors que le bilan quotidien du comité scientifique de suivi et d’évaluation de la Covid-19 disent le contraire.
Et s’il n’y a pas vraisemblablement des raisons de s’alarmer, la sensibilisation quant aux dangers que peut générer l’indiscipline individuelle et collective sur la situation sanitaire du pays est plus que nécessaire. Un travail qui doit raisonnablement appuyer celui des services de sécurité mobilisés pour la même finalité. A titre illustratif, les services de Sûreté de la wilaya d’Alger ont fait état de la mobilisation de quelque 100 policiers dotés de tous les moyens matériels et techniques ainsi que des brigades cyclistes et motorisées, répartis à travers les 34 plages autorisées à la baignade dans la capitale.
Du côté de Tizi Ouzou, qui compte huit plages ouvertes à la baignade à Azzefoun et Tigzirt, on signale une «affluence moyenne des vacanciers dans le respect du protocole sanitaire», selon le directeur local du tourisme et de l’artisanat. On signale également que la réouverture des plages à Tizi Ouzou a été marquée par la mobilisation du mouvement associatif local qui a sensibilisé les estivants sur l’importance du respect des mesures barrières contre la pandémie et de laisser les lieux propres après leur départ. Une opération de distribution de bavettes a été également effectuée au niveau des plages, a-t-on indiqué.
Par ailleurs les fidèles ont retrouvé depuis hier les mosquées fermées depuis plusieurs mois à cause du nouveau coronavirus. La réouverture des lieux de culte a été accompagnée, elle aussi, d’une série de mesures de prévention. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, avait déclaré à ce propos que plus de 4 000 mosquées répondant aux conditions établies dans le cadre de la lutte contre la propagation de l’épidémie du coronavirus ont été ouverte au niveau national. Il avait relevé qu’environ 24% du total des mosquées réparties sur le territoire national répondent aux conditions nécessaires pour leur réouverture notamment celle ayant la capacité d’accueillir 1 000 fidèles.

Banc d’essai avant la rentrée sociale
La reprise de l’animation dans ces lieux publics est d’autant plus déterminante qu’elle tracera, selon toute vraisemblance, les contours de la rentrée sociale, qui devrait intervenir dans une vingtaine de jours dans un contexte inédit annonçant d’ores et déjà deux rendez-vous importants, à savoir le déroulement des examens du BEM et du Baccalauréat. Sur ce terrain, les défis sont manifestement multiples, car en plus des préoccupations d’ordre pédagogique et organisationnel en lien avec l’encadrement habituel des examens, cette fois, le contexte de la pandémie attribue à ces deux rendez-vous un caractère «exceptionnel». Ce qui met manifestement devant leurs responsabilités aussi bien le département de l’Education nationale que les collectivités locales tenues de réunir les meilleures conditions pour un déroulement sûr des épreuves pour des centaines de milliers de candidats.
Une rentrée sociale qui appelle également les autorités publiques à résoudre plus d’un casse-tête qui préoccupe le citoyen dans sa quotidienneté dont notamment l’alimentation en eau potable, les liquidités dans les bureaux de postes…
En tout état de cause, le bilan qui sera tiré de cette semaine de reprise de certains segments de l’activité nous renseignera sur la nature de l’évolution de la situation sanitaire qui exige plus qu’avant de la discipline individuelle et collective. n