L’annonce par le Haut conseil de sécurité de la réouverture prochaine sous certaines conditions des lieux de culte et des plages préludent d’une intention du gouvernement à revenir à la vie normale après des mois de restrictions imposées par la crise sanitaire.

Les mesures prises lundi, lors de la réunion du Haut-conseil de sécurité, laissent transparaître assez explicitement les signes d’une nouvelle opération d’allègement du confinement, devenu incontournable en cette période où le «Restez-chez-vous» en guise de mesure de prévention cardinale est en train de boucler son sixième mois en Algérie. Une période estivale surtout, propice à la détente et au déstresse, mais que l’ensemble des Algériens se retrouvent à vivre dans les contraintes de mesures sanitaires anti Covid-19 ayant rendu quasiment insoutenable le confinement, et imposant une démarche qui puisse permettre au citoyen de sortir de sa maison et de s’offrir quelques bouffées d’air non confiné, tout en conservant, bien sûr, aux mesures de distanciation physique leur entière raison d’être comme rempart vital contre la propagation du virus.
Et c’est clairement dans cette logique que s’inscrit la réouverture des plages et des lieux de récréation et de détente aux citoyens décidée lors de cette réunion consacrée à l’évaluation de la situation dans le pays, à la lumière des récents développements concernant la pandémie de la Covid-19. Cette initiative est, en effet, une réponse à «la conjoncture estivale actuelle», souligne le communiqué de la présidence consacré au rendez-vous, précisant que le Premier ministre a été instruit par le président de la République de «prendre les mesures qui s’imposent pour un accès graduel à de tels espaces qui tienne compte, là aussi, de l’impératif du respect des conditions sanitaires». A ce titre, les responsables des sécurité seront chargés de «veiller, par une présence renforcée, à l’observation sur le terrain des consignes de distanciation entre les estivants et de port du masque», précise le communiqué, ajoutant que Abdelmadjid Tebboune a chargé le Premier ministre Abdelaziz Djerad de «préparer des décrets en vue de prévoir les modalités pratiques pour une application flexible de ces mesures». De plus, «l’Etat restera vigilant quant au respect rigoureux de ces mesures par les citoyens, lesquelles mesures peuvent être remises en cause en cas d’aggravation de la situation sanitaire. Il y va de la santé de tous», a insisté le chef de l’Etat, selon la même source.
Outre la réouverture des plages et des lieux de récréation et de détente, la réunion s’est soldée par une décision identique au profit des mosquées, fermées, faut-il le rappeler depuis l’entame des mesures de confinement, en mars dernier. Cette réunion a, effectivement, servi à «passer en revue les conditions susceptibles de permettre le retour des fidèles aux mosquées dans les conditions qui permettent une observation optimale des prescriptions sanitaires imposées par la pandémie», fait savoir la présidence. Ajoutant que le premier responsable du pays a «instruit le Premier ministre à l’effet de programmer une réouverture graduelle des lieux de culte, qui sera limitée, dans une première phase, aux seules grandes mosquées d’au moins 1 000 places et qui soient en mesure de permettre la distanciation physique indispensable, avec comme impératif le port du masque par tous».
Une bonne nouvelle sans doute pour ces nombreux citoyens qui ont très mal supporté cette longue rupture avec ces lieux de culte et de prière où ils avaient pris l’habitude de prendre place quotidiennement. Mais la précision mentionnée dans le texte de la présidence est bien claire ; ce ne seront pas toutes les mosquées du pays qui seront rouvertes du premier coup, mais seulement celles qui s’avèrent suffisamment spacieuses pour l’application des mesures préventives recommandées dans les lieux publics.
Djerad : «La mosquée doit être un exemple de respect des mesures préventives»
Abondant dans le même sens des orientations en provenance du chef de l’Etat, le Premier ministre a souligné, à son tour, la nécessité pour les fidèles de respecter rigoureusement les mesures préventives contre la Covid-19 après la réouverture des mosquées dans les prochains jours. «La réouverture des mosquées ne veut pas dire omettre l’existence de la pandémie», a souligné M. Djerrad, hier, en marge du lancement officiel des services et produits de la finance islamique à la Banque nationale d’Algérie (BNA) auquel il a procédé en compagnie du ministre des Finances. Bien plus, «la mosquée doit être un exemple de respect des mesures préventives, y compris le respect de la distanciation sociale et le port du masque de protection», a fait remarquer le Premier ministre, insistant sur le rôle de ces lieux de culte qui, a-t-il dit, «ne devraient pas causer la propagation de la pandémie». Au contraire, «elles doivent aider à y mettre un terme à travers le respect des mesures barrières», a-t-il dit. Le Premier ministre a appelé les citoyens et les fidèles à préserver ces lieux sacrés et à veiller à leur hygiène.
Des déclarations dont il est aisé de déceler une orientation aux imams pour que la réouverture des mosquées autorisées ne soit pas un risque de propagation du virus, mais, une opportunité pour ces derniers de jouer leur rôle en sensibilisant sur la place qu’occupe la préservation de soi et des autres dans la religion musulmane.
Et si le rôle de ces imams est accompli, il pourra assurément contribuer au déconfinement total par étape et sans trop de casse, qu’annoncent déjà les réouvertures des lieux de culte et des plages. Car c’est bien cette voie que semblent désormais suivre les plus hautes autorités du pays dans cette conjoncture, où même la recrudescence du coronavirus ne paraît plus en mesure de faire annuler le retour à une vie socio-économique normale, qu’il va falloir, cependant, apprendre à gérer en usant des mesures barrières, dans l’attente de ce vaccin annoncé pour faire pour pousser le virus à battre en retraite.
Après le retour aux activités économiques qui ont trop pâti des mesures sanitaires imposées par la maladie infectieuse, une autre étape donc du confinement progressif impératif va être opérée, à travers des sites à haute symbolique sociale et sociétale, notamment en prévision d’une rentrée scolaire et une autre sociale qu’il va bien falloir assumer dans quelques semaines.