La réouverture des marchés à bestiaux après neuf mois de fermeture dans le cadre des mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus était très attendue par les éleveurs d’ovins et de bovins.
En effet, selon des échos qui nous sont parvenus depuis les marchés à bestiaux à forte réputation de grands centres de ventes, de nombreux éleveurs et maquignons issus de diverses wilayas steppiques et autres, tels que les grands marchés du Khroub à l’Est du pays, de Djelfa, Touggourt, Afflou, Messaad, étaient au rendez-vous de cette reprise d’activité. Reporters a appris de Mohamed Rouinbi, membre de l’Union nationale des éleveurs, qu’il «souhaiterait la création par l’Etat de marchés à bestiaux organisés, où l’activité serait à l’abri de toute interruption quelle qu’en soit la raison, et ainsi garantir la source de revenu de milliers d’éleveurs». Rouinbi a estimé, en outre, que la réouverture officielle des marchés à bestiaux est à même d’éliminer le commerce informel qui s’est répandu durant la période de confinement sanitaire et qui a conduit à une forte chute des prix en amont du circuit de l’élevage, se répercutant négativement sur la rentabilité de l’activité déjà «très éprouvante» de l’éleveur. De son côté, Bouzid Salami, membre du bureau de la filière nationale ovine, approché par Reporters, a exprimé sa «satisfaction» de la décision de réouverture des marchés à bestiaux. Et de nous rapporter, en outre, que la reprise d’activité devenait de plus en plus pressante «compte tenu que de nombreux éleveurs se sont retrouvés dans l’impossibilité de s’approvisionner en quantité suffisante d’aliments de bétail par suite de leur cherté sur le marché des compléments alimentaires spécifiques à l’élevage ovin et bovin. Contraint de procéder à la vente d’une partie de leur troupeau, chose rendue difficile par la faute de la fermeture des marchés à bestiaux. Ils attendaient avec grande impatience la réouverture desdits marchés car une action dans ce sens était devenue synonyme de salut». Mohamed Djilali, un autre membre du bureau de la filière ovine, également contacté par Reporters, rejoint l’approche de Mohamed Rouinbi. A ce propos, il a ajouté que la pandémie de la Covid-19 a démontré que le mode d’organisation et de fonctionnement des anciens marchés était «inefficace». C’est pourquoi il suggère la mise en place de marchés couverts selon des normes qui tiendraient compte de la distanciation physique et de l’exposition adéquate du bétail.
Pour rappel, cette réouverture a été annoncée le 2 février dernier par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, mais conditionnée par le respect des mesures préventives, dont la distanciation des troupeaux mis en vente afin d’éviter tout gros attroupement de personnes sur des espaces réduits. De plus, il importe de savoir que les éleveurs d’ovins n’ont cessé d’appeler à la réouverture des marchés à bestiaux, se sentant durement pénalisés faute de pouvoir mettre en vente quelques bêtes pour au moins leurs besoins en aliments de bétail, d’autant plus que les prix de ces derniers ont grimpé ces derniers mois, rendant ainsi incontournable l’alternative de céder une partie de leur cheptel. En somme, la réouverture des marchés à bestiaux constitue une véritable bouffée d’oxygène pour cette catégorie d’activités.
En définitive, la reprise d’activité des marchés à bestiaux est un véritable bouffée d’oxygène pour ces éleveurs en quête de revenus pour pouvoir s’adonner pleinement à leur métier. n