Attendue hier, la réouverture du dossier relatif à l’affaire du montage automobile et du financement occulte de la campagne présidentielle de l’ancien président déchu pour un cinquième mandat a été reportée au 9 janvier prochain. Cette audition devait intervenir suite à l’avis de la Cour suprême qui a accepté, fin novembre, la cassation introduite par Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et les hommes d’affaires condamnés dans cette affaire. La cassation, faut-il le souligner, avait été introduite en mars dernier après le verdict rendu par la Cour d’Alger.
Mais le collectif de défense a introduit hier également une demande de report, à laquelle s’ajoute la présence de certains accusés au procès dit «Madame Maya» prévu le même jour au niveau du tribunal de Tipasa.
«Le report intervient à la demande de la défense pour mieux examiner les deux dossiers», ont expliqué des avocats qui ont tenu à relever que «la réouverture de ces dossiers et la programmation d’un troisième procès ont été décidées après que la Cour suprême ait accepté le pourvoi en cassation déposé par les accusés, suite à quoi, une audience a été fixée pour rejuger des affaires à la Cour d’Alger avec la désignation d’une composante judiciaire spéciale».
Il s’agit du premier dossier de corruption traité par le Tribunal de Sidi M’hamed en décembre 2019 dans lequel sont poursuivis les deux anciens Premier ministres, Ouyahia et Sellal, les anciens ministres de l’industrie Youcef Yousfi, Bedda Mahdjoub et Bouchouareb Abdeslam, ainsi que l’ancien ministre des Transports, Abdelghani Zaalane.
Egalement condamnés dans cette affaire, les patrons des usines automobiles, Hassan Arbaoui et Mohamed Bairi ainsi que l’ex-président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad. Plusieurs chefs d’inculpation sont retenus contre ces accusés dont octroi d’indus avantages notamment dans le domaine du montage automobile et financement occulte de la campagne électorale de l’ancien Président de la République pour la présidentielle annulée d’avril 2019. Les peines prononcées contre ces accusés varient entre 15 et 3 ans de prison ferme assorties d’une amende.
Pour rappel, la chambre pénale de la même Cour avait condamné Ouyahia et Sellal à, respectivement, 15 et 12 ans de prison ferme et les deux ex-ministres de l’Industrie, Youcef Yousfi et Bedda Mahdjoub à 5 ans de prison ferme. Egalement, les hommes d’affaires Ali Haddad, Hacène Arbaoui, Ahmed Mazouz et Ahmed Baïri à des peines allant de 3 à 4 ans alors qu’Abdeslam Bouchouareb, en fuite à l’étranger, a écopé de 20 ans de prison par contumace assortie d’un mandat d’arrêt international. Comparativement à ce qui a été décidé par le tribunal lors du procès en première instance, les peines prononcées à l’encontre des deux anciens ministres de l’Industrie Yousef Yousfi et Mahdjoub Bedda ont été revues à la baisse, 5 ans au lieu de 10 ans chacun, lors du procès en appel. Il y a eu également la réduction de la peine prononcée à l’encontre de Ali Haddad, 4 ans au lieu de 7, de Fares Sellal, fils de l’ancien chef de gouvernement qui a écopé de 2 ans de prison au lieu de 3, de l’ancienne wali de Boumerdès, Nouria Zerhouni, 2 ans de prison au lieu de 5 ans et des hommes d’affaires Hacène Arbaoui et Ahmed Mazouz, 4 ans au lieu de 5 ans de prison. n