Le Gouvernement estime possible la réouverture de certains commerces pendant le confinement, afin d’alléger les difficultés que connaissent certaines catégories professionnelles, dont les travailleurs indépendants et des journaliers.


C’est pourquoi, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a émis, samedi, une instruction à l’adresse des départements ministériels concernés ainsi que les walis pour l’élargissement des secteurs d’activités et l’ouverture des commerces, «à l’effet de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire», induite par l’épidémie de coronavirus (Covid-19), lit-on dans un communiqué des services du Premier ministre. Sont concernées par les nouvelles mesures de réouverture, les activités de taxis urbains, salons de coiffure, pâtisserie, confiserie et gâteaux traditionnels, habillement et chaussures, commerce d’électroménager, commerce d’articles et ustensiles de cuisine, de tissus, de mercerie et de bonneterie, bijouteries et horlogeries, commerce de produits cosmétiques et parfumeries, de meuble et de mobiliers de bureau, librairies et vente d’articles scolaires, commerce en gros et détails de matériaux de BTPH (céramiques, appareillage électrique et produits sanitaires, agrégats et liants, articles de peinture, boiseries, canalisation et tuyauterie…), souligne ledit communiqué. Ainsi, ce lot de nouvelles activités autorisées à tourner pendant le confinement vient s’ajouter celui autorisant la réouverture d’autres commerces. Comme pour les précédentes mesures, le gouvernement laisse aux walis le soin de penser la mise en application de ces dernières, dont, particulièrement, les activités de coiffure et les commerces d’habillement et de chaussures. En effet, le communiqué diffusé par les services du Premier ministre affirme qu’il appartient aux walis «de définir les conditions de prévention sanitaire à respecter avec rigueur». Pour les taxis à l’intérieur du périmètre urbain, la reprise de l’activité est différée jusqu’à l’annonce par les pouvoirs publics des modalités liées à la sécurité sanitaire de ce moyen de transport, ajoute le communiqué. Il faut attendre probablement que la commission des médecins, qui conseille le gouvernement, livre ses recommandations pour éviter que la propagation du virus ne s’accélère. Bien évidemment, pour être sans risques, la réouverture de certains commerces recevant du public, à l’image des salons de coiffure et l’activité des taxis, dont la distanciation sociale n’est pas souvent respectée, nécessite une prise de mesures pratiques supplémentaires, voire une organisation spéciale. Il est clair que ces activités se sont révélées très vulnérables aux mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie du Covid-19, étant donné que les propriétaires de ces commerces ainsi que leurs employés dépendent des recettes journalières qu’ils engrangent. Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) avait à maintes reprises tiré la sonnette d’alarme quant à la situation catastrophique que vit le secteur tertiaire, le BTP, ainsi que les petites professions libérales, les secteurs les plus impactés par cette pandémie, selon cette organisation patronale. De son côté, l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca) a, elle aussi, alerté le gouvernement, par la voix de son président, El Hadj Tahar Boulenouar, sur la situation «difficile» que vivent les artisans suite à la propagation du Covid-19. Cette association professionnelle a fait part au gouvernement, lors d’une récente rencontre de son président avec le ministre du Tourisme, des difficultés et des problèmes rencontrés par les artisans et les commerçants dans l’exercice de leur métier, suite aux mesures prises par l’Exécutif dans sa lutte contre la diffusion du coronavirus. On comprendra ainsi aisément que les mesures portant sur la réouverture de certains commerces répondent à des considérations purement économiques, à l’effet, selon le communiqué du gouvernement, de réduire l’impact socioéconomique de la crise sanitaire. Des questions méritent, néanmoins, d’être posées, se rapportant essentiellement aux risques sanitaires induits par la reprise d’activités de commerces et professions libérales au contact du grand public.<