Il y a quelques mois, alors que l’impact du coronavirus commençait à peine à se manifester sur le marché pétrolier, l’expert et consultant en énergie Abdelmadjid Attar avait déjà avancé une estimation chiffrée du recul qui marquerait les recettes algériennes d’hydrocarbures, dans le cas où la crise sanitaire devait s’inscrire dans la durée.
L’ex-PDG de Sonatrach n’avait pas alors manqué, et comme à chacune de ses nombreuses interventions publiques, d’insister sur la dépendance exagérée des hydrocarbures dont pâtit le pays, pour recommander un terme à cette sacralisation de la rente pétrolière qui a privé l’économie nationale de toutes ses potentialités et richesses disponibles dans d’autres secteurs.
Aujourd’hui, le même intervenant s’exprime en reconduisant le même discours, mais dans le costume de ministre de l’Energie. C’est-à-dire en tant que premier responsable du secteur qui pourrait jouir de ce rang pour mettre en pratique, ne serait-ce qu’en partie, les recommandations qu’il formulait sans, toutefois, jouir du pouvoir d’initiative.
Mais, bien plus qu’en sa qualité de ministre, c’est surtout son long parcours dans le secteur des hydrocarbures qui permet aujourd’hui à M. Attar de posséder la visibilité et le recul nécessaires à sa mission. Il pourrait, à l’occasion, compter sur la nouvelle loi sur les hydrocarbures dont il a constamment défendu l’utilité pour la rupture avec la rente pétrolière, mais aussi avec le mode d’organisation des deux groupes du secteur, en l’occurrence Sonatrach et Sonelgaz.
Dans le cas de la compagnie nationale d’hydrocarbures, l’ex-patron de la maison n’hésite pas à préconiser une focalisation sur les métiers de base qui dégagerait la première compagnie africaine du genre de labyrinthe de mission dans lequel elle s’est égarée, engendrant une facture salée dont le poids sur son fonctionnement et développement se fait de plus en plus lourd.
Et si, en dépit de tous les dysfonctionnements qui pourraient être relevés dans son mode de gestion, Sonatrach continue à faire jouer les apparences d’une entreprise rentable, Sonelgaz, de son côté, n’a visiblement plus les moyens de faire taire ses difficultés de tous les jours. Pis encore, la Société de production et de distribution de l’électricité et du gaz se serait même éteinte d’asphyxie financière si l’Etat n’était pas là à combler son déficit causé par la vente à perte de l’énergie électrique qu’elle produit.
En somme, à travers Sonatrach et Sonelgaz, c’est tout le secteur de l’énergie qui est appelé à se réorganiser.