De sacrés défis sont à relever par le gouvernement Benabderrahmane en cette veille de rentrée sociale pas comme les autres. Entre la santé et les priorités redessinées par la pandémie, les rentrées scolaire et universitaire, la déprime socio-économique ainsi que les challenges à relever en matière d’entreprise et d’économie, l’Exécutif aborde un tournant difficile à négocier.

Par Hakim Ould Mohamed
La réunion du gouvernement, tenue samedi, a été consacrée en partie à l’examen des dossiers chauds de la rentrée. Il s’agit, entre autres, de l’accélération des campagnes de vaccination et de l’évolution de la situation sanitaire. En toile de fond, figurent d’autres questions, et non des moindres, se rapportant notamment au protocole nécessaire à appliquer dans les établissements scolaires et universitaires ainsi que de la situation des entreprises à l’heure du grand retour des salariés, combinés aux grands défis qu’impose la pandémie. Celle-ci est loin d’être terminée même si la courbe des contaminations ainsi que les hospitalisations marquent le pas à travers de nombreuses villes du pays.
En effet, les entreprises, malmenées par les conséquences dévastatrices de la pandémie, se heurtent à de multiples difficultés, dont celles de relancer les investissements et les recrutements et celles liées aux approvisionnements et à l’accès aux crédits bancaires. Pourtant, c’est sur la reprise de l’activité des entreprises que reposent les espoirs de sortie de crise et de croissance. L’Exécutif compte beaucoup sur le programme de refinancement pour débloquer l’activité crédit au sein des banques et, par là même, relancer la croissance qui a connu ses pires moments en 2019-2020. Il suit de très près l’activité bancaire et les transferts monétaires afin de lever les écueils qui se dressent sur le chemin de la croissance. Le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, conserve, pour ce faire, le portefeuille des Finances, tout en pilotant l’activité de son gouvernement. Il sait que l’argent est le nerf de la guerre. L’Exécutif qu’il dirige a clairement affiché ses ambitions en la matière dans son plan d’action, il s’agit cependant de ne pas le louper, la réforme bancaire et financière ainsi que l’assainissement de l’environnement étant ses deux piliers principaux.
Outre la gestion de la crise sanitaire et la rentrée économique, deux autres grands défis auxquels se prépare le gouvernement Benabderrahmane, la rentrée sociale, scolaire et universitaire sera marquée par l’accompagnement des jeunes et des ménages défavorisés à travers le lancement, au cours de ce second semestre , de la réforme du dispositif des subventions généralisées. Le gouvernement en parle dans son plan d’action et entend en faire un des axes majeurs de sa réforme budgétaire et de son action en faveur de l’assainissement des finances publiques. La loi de finances complémentaire de l’actuel exercice avait donné le là en faisant passer plusieurs orientations en la matière, en attendant les grands arbitrages de la loi de finances 2022 qui, assurément, devrait permettre de faire passer plusieurs autres mesures budgétaires.
C’est dire que la crise sanitaire qui a marqué le précédent exercice et la moitié de l’actuelle année, combinée au déclin net de l’activité économique, a redessiné les priorités du gouvernement pour cette nouvelle rentrée sociale. Il y a peu de place aux problématiques à intérêt secondaire, tant il est vrai que les défis sont immensément importants. Il s’agit désormais de bien gérer la pandémie, de redonner de la perspective aux entreprises afin de relancer l’activité économique et les embauches et de mieux accompagner les jeunes et les démunis, laminés par l’érosion du pouvoir d’achat à l’issue d’une année 2020 chaotique. n