Pour la rentrée sociale, le gouvernement de Noureddine Bedoui se prépare sur les deux fronts, économique et social. Pour le premier, il s’agit de faire face à une conjoncture marquée par le déficit de la balance des paiements et le souci de préserver les réserves de change, notamment par la poursuite de la politique de maîtrise des importations. Pour le second, il s’agit d’instruire les ministres chargés des dossiers de développement socio-économique, d’intensifier les efforts afin de mobiliser le potentiel à leur disposition pour répondre aux besoins de la population dans les meilleures conditions possibles.

Il est question également de sanctionner les responsables locaux défaillants dans leur gestion ces derniers mois, notamment suite aux perturbations de l’alimentation en eau potable des populations, en mettant fin à leur fonction comme cela a été le cas dans les wilayas de Bouira, Médéa, M’sila, Bordj Bou Arreridj et Sétif.
C’est, en résumé, ce qu’on apprend des dernières mesures prises dans le cadre du Conseil du gouvernement, présidé mercredi dernier par le Premier ministre. Des décisions prises dans le contexte politique et économique que l’on sait et soumises, plus que jamais donc, à l’épreuve de l’efficacité dans l’action, pour que ni le front économique ni le front social ne connaisse des évolutions plus négatives qu’elles ne le sont aujourd’hui. Ainsi, parmi les annonces, la possibilité de ne pas recourir cette année à l’importation du blé et des produits céréaliers et laitiers.
Dans le communiqué du Conseil du gouvernement, il est dit que l’Exécutif a écouté un exposé portant sur « les mesures prises en matière de rationalisation des importations et de garantie du stock stratégique en blé tendre, notamment à travers le parachèvement du programme de réalisation de silos de blé sur tout le territoire national et la réorganisation de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) ». Le ministre du Commerce, qui se trouvait jeudi dernier à El Tarf, a indiqué, pour sa part, qu’il y a «une possibilité cette année de ne pas recourir à l’importation du blé, grâce aux différentes mesures prises par le gouvernement». Notamment, celles concernant « l’assainissement des minoteries », a ajouté Saïd Djellab. «La possibilité de ne pas recourir à l’importation de produits subventionnés existe eu égard aux mesures prises par le gouvernement à l’encontre de certains propriétaires de minoteries fraudeurs qui contournent les lois pour profiter des subventions allouées par l’Etat», a-t-il précisé.
Selon le ministre, «la production abondante de différents types de céréales enregistrée cette année et la valorisation du produit national de blé dur, tendre et d’orge permettront de ne pas recourir à l’importation du blé cette année». Et pour ce qui concerne les quantités à importer éventuellement -un scénario non exclu en attendant l’évaluation précise des besoins et les résultats des enquêtes lancées auprès des minotiers – la priorité pour le transport sera donnée à la flotte maritime nationale via la signature d’une convention entre le Groupe de transport maritime (GATMA), l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL). Pour ce faire, le GATMA verra l’accélération de son programme d’acquisition de nouveaux navires et l’autorisation d’acquisition de conteneurs usagés pour «réduire les coûts de transport ».

Logement, éducation, université et solidarité nationale
Autre dossier sensible, le logement pour lequel Noureddine Bedoui a instruit le ministre de l’Habitat et les walis de « veiller à la distribution des programmes de logement achevés, qu’ils s’agissent de logements sociaux locatifs, AADL 1 et AADL 2, de logements publics aidés (LPA), publics promotionnels (LPP) ou des lotissements sociaux dans le Sud et les Hauts-Plateaux ».
Pour ce qui est de l’Education nationale, il est question de réhabiliter et renforcer le sport scolaire, et 656 nouveaux établissements, dont 426 écoles primaires, 137 collèges et 93 lycées, seront ouverts durant la prochaine rentrée scolaire 2019/2020 en septembre prochain. Ces nouvelles infrastructures pédagogiques seront renforcées par 161 autres à la fin de l’année 2019. C’est ce qu’on a appris à l’issue du dernier Conseil du gouvernement, mercredi dernier, lequel a indiqué que 8 040 nouveaux postes budgétaires ont été ouverts, dont 1 061 réservés aux enseignants.
La même source indique qu’il s’est agi de répondre à la forte demande en écoles, collèges et lycées, en particulier dans la wilaya d’Alger «suite aux multiplies opérations de relogements enregistrées dernièrement», ajoute l’agence de presse APS dans son compte-rendu. 1 000 nouveaux bus, a-t-on appris également, seront mis en circulation en complément des 3 500 bus déjà inscrits au programme d’acquisition, ce pour assurer le transport scolaire, outre les cantines qui devraient ouvrir en grand nombre.
Le Conseil du gouvernement annonce également avoir pris des mesures pour que les élèves aux besoins spécifiques puissent mener une scolarité normale, ainsi 186 nouvelles classes leur seront ouvertes pour atteindre un total de 851. Une campagne sera menée pour informer les parents de l’ouverture de ces classes et des établissements où elles seront disponibles.
A l’université, ce sont 368000 bacheliers qui sont attendus avec l’ouverture, affirme le Conseil du gouvernement, de 83 400 nouvelles places pédagogiques et 51 950 lits, outre 3 000 postes d’encadrement en faveur du secteur. Le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels sera renforcé, quant à lui, par la réception de 34 nouveaux établissements d’une capacité de plus de 15 100 postes pédagogiques, permettant au secteur d’accueillir plus de 503 000 stagiaires.
Par ailleurs, le secteur de la solidarité nationale verra ses structures consolidées par la réception cette année de 3 nouveaux centres. Rappelons qu’il a bénéficié, durant l’année en cours, de l’ouverture de 1 722 postes budgétaires et du dégel de plusieurs opérations de restauration et de réhabilitation de centres.