Par Hamid Bellagha
La canicule exceptionnelle, qui a sévi en Algérie et partout ailleurs dans le monde, nous a gratifiés d’un mois de juillet le plus chaud depuis que le mercure mesure les degrés de chaleur. Le mois d’août aura aussi sans doute sa place dans le «chaleureux» livre des Guinness.
Et déjà la rentrée sociale pointe son nez, alors que la Covid est toujours omniprésente, toujours aussi menaçante. Il y a bien les chiffres des contaminations et des hospitalisations qui baissent, ceux de la vaccination qui augmentent, mais l’épée de Damoclès est toujours sur nos têtes. C’est que nous avions crû que nous étions sortis d’affaire, que l’immunité collective a été atteinte, que le virus avait trépassé sur nos sols, et que bavettes, gels et autres instruments de distanciation sociale et physique pouvaient être rangés dans les placards de l’oubli, quand les chiffres de la pandémie étaient à deux chiffres. Malheureusement, le variant Delta est venu pour nous rappeler la dure réalité, et que nous devrions vivre, encore, avec ce maudit virus.
Pour parer donc à une éventuelle quatrième vague, que certains spécialistes de la santé annoncent, peut-être, pour le mois de novembre, le gouvernement Benabderrahmane, qui voudrait pour une fois adapter l’adage «gouverner c’est prévoir», entend accélérer la cadence de la vaccination qui, reconnaissons-le, est pour le moment satisfaisante. L’exemple de Constantine est édifiant à plus d’un titre quand on sait que 200 personnes en moyenne se font piquer dans l’un des 30 centres dédiés à la vaccination par jour.
Une moyenne de 6 000/jour. Ce n’est pas encore la panacée, mais les personnes vaccinées augmentent exponentiellement chaque jour et l’on prédit une vaccination complète des moins de 18 ans avant la fin de l’année. Nous osons croire que le même scénario optimiste se passe dans les 57 autres wilayas.

Barrage contre une éventuelle 4e vague
Cette fois, et pour faire barrage à une autre éventuelle vague, il est envisagé à partir de cette semaine de vacciner tous les personnels, enseignants et encadrements, des trois paliers de l’Education, auquel il faut ajouter ceux de l’enseignement supérieur, avant la rentrée scolaire, reportée au 21 septembre pour les élèves. «C’est une excellente idée, commentera un professeur virologue sur les ondes de la Chaîne III. Sauf que l’on aurait pu entamer cette opération au mois de juin pour permettre à tous les enseignants et assimilés d’avoir les deux doses de vaccin nécessaires. En entamant l’opération fin août, les candidats à la vaccination n’auront qu’une seule dose, le protocole ne prévoyant la seconde que quatre semaines plus tard.»
C’est vrai qu’il y a un retard dans la réaction du ministère de la Santé, mais il vaut mieux tard que jamais, avec l’espoir que beaucoup d’enseignants et de cadres du secteur de l’Education et de l’Enseignement supérieur soient déjà vaccinés.
Il faut souligner aussi que plusieurs cliniques privées se sont associées à la campagne de vaccination en mettant à la disposition du public un espace pour recevoir les doses nécessaires contre la Covid-19. Une association qui sera élargie dès demain mercredi à toutes les pharmacies d’Algérie. Quand on sait quelle place occupe le pharmacien de quartier chez l’Algérien, on ne peut qu’applaudir une telle décision, ou initiative. Qu’importe le flacon (du vaccin), pourvu qu’il y ait l’ivresse…
Une rentrée sociale qui va se faire donc sur la pointe des pieds et des seringues, bien que des voix parmi les scientifiques se font plus optimistes. C’est le cas du docteur Bekkat-Berkani, président de l’Ordre des médecins, qui voudrait que les plages et les lieux de loisirs «soient ouverts au plus tôt, pour permettre aux gens de respirer et d’entamer la rentrée sociale avec un moral au beau fixe». Il préconise même la permission d’un retour du public aux stades de football.
Pour sa part, le Pr Nouredine Zidouni, spécialiste en pneumologie, reste plus prudent et recommande la vaccination des moins de 18 ans, dans une intervention dans différents médias, «surtout que les vaccins (notamment chinois) sont traditionnels. On connaît leur efficacité». Bref, c’est une rentrée sociale qui s’annonce dans un mélange d’optimisme et de prudence et un leitmotiv chez tous les scientifiques et les âmes de bonne volonté : respect des gestes barrières et vaccination pour tous !