L’Algérie qui a opté pour un déconfinement progressif étudié de façon à ne pas prendre le risque d’une plus grande transmission du coronavirus et, par conséquent, de limiter les contaminations, continuera dans cette démarche. La décision d’ouverture d’un secteur ou d’un autre dépendra de la situation épidémique, mais aussi de la nature même de l’activité de chaque secteur. C’est en somme le message délivré par le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Djamel Fourar, qui s’est exprimé sur la chaine privée Echerouk sur la rentrée scolaire, le secteur des transports, l’ouverture progressive des mosquées, la véracité des chiffres annoncés, le vaccin anti-Covid-19 et autres.

En abordant la rentrée scolaire, sujet d’actualité qui suscite un large débat, il a affirmé que rien n’est encore tranché, mais a laissé entendre que la reprise, initialement prévue pour le 4 octobre puis reportée à une date non encore fixée, aura lieu au plus tard au début de novembre prochain, expliquant : «On ne peut pas prendre le risque d’ouvrir juste pour ouvrir, on a vu comment des pays qui les ont ouvertes ont dû les refermer.
On est en train d’étudier la situation au Comité scientifique, et comme on l’a déjà dit, Président, ministre de la Santé et Comité, on ne veut pas aller à l’aventure et on préfère préserver la santé des enfants et du corps de l’éducation nationale avant tout». Il a confirmé qu’«il n’y aura probablement pas de reprise le 4 octobre», mais que celle-ci aura lieu «si la décrue se poursuit» et quand «toutes les conditions seront réunies», indiquant qu’elle pourrait avoir lieu «probablement vers la fin d’octobre ou au début de novembre».

La réouverture des frontières pas à l’ordre du jour
Concernant l’ouverture des frontières, notamment l’espace aérien, le porte-parole de Comité scientifique a estimé que la situation épidémique dans les pays notamment avec lesquels l’Algérie a un trafic important ne prêt pas à cela, rappelant que les premiers cas enregistrés en Algérie étaient importés, surtout de France et d’Espagne, et que le virus en Algérie avait la même souche que celui de France.
«Actuellement, les pays voisins et européens sont devenus des foyers de la pandémie avec une forte hausse des cas et sont dans une situation préoccupante. Nous sommes en train de suivre leur situation épidémique pour voir quand nous pouvons reprendre les vols», a-t-il déclaré à une chaine de télévision privée. «On ne peut pas ouvrir le transport aérien avec les pays qui sont dans une sanitaire instable et prendre le risque d’importer encore de nouveaux cas et devoir faire face à leur propagation et peut-être même à une seconde vague chez nous», a-t-il soutenu.
Le Pr Fourar a, néanmoins, indiqué que même si le pays n’est pas prêt à ouvrir totalement ses frontières, «il se peut qu’il y ait une ouverture partielle avec les pays qui enregistrent peu de cas», mais «on ne peut prendre aucun risque, on ne peut ouvrir et mettre en danger la population», a-t-il insisté. A la question de savoir jusqu’à quand cela pourrait durer, surtout qu’il y a une forte communauté en France, il a répondu que «personne ne peut prévoir quand la situation s’améliorera dans l’ensemble des pays qui ont ouvert leurs frontières et qui sont aujourd’hui face à une seconde vague», citant l’exemple de la France qui enregistre plus de 13.000 cas quotidiens et un pays voisin qui en compte plus de 1.200 par jour.
Il a par ailleurs, évoqué la possibilité de commencer par les lignes intérieures entre les villes qui n’ont pas de cas sans en indiquer une date, de même qu’il a réitéré l’ouverture progressive de l’ensemble du secteur des transports en interne.
A propos des mosquées, le Pr Fourar a estimé qu’il sera d’abord procédé à «une évaluation après l’ouverture de celles comptant mille places et plus». Cette évaluation se fera lors d’une «rencontre prochainement avec le ministère des Affaires religieuses» pour passer en revue «le degré de respect du protocole sanitaire et la possibilité d’en ouvrir d’autres progressivement», notant que jusqu’à présent, l’ouverture des mosquées est une «expérience réussie». En revanche, la prière du vendredi ne peut pas reprendre actuellement car elle connait un afflux important, ce qui peut provoquer un non-respect du protocole et un risque de contamination en raison de la forte densité qui pourrait avoir lieu.

96 décès et 6000 cas parmi les personnels de la santé
Le porte-parole du Comité scientifique a tenu à rendre un grand hommage à l’ensemble du personnel de la santé, tous corps confondus, révélant que l’Algérie déplore la perte de nombre d’entre eux. «Nous avons perdu 96 personnes entre personnel médical, paramédical et autres et nous comptent environ 6000 autres personnes atteintes de Covid-19», a-t-il révélé, soulignant le combat qu’ils n’ont eu de cesse de mener contre le coronavirus depuis pars dernier.
Le Pr Fourar a estimé que la situation épidémique est «stable», «en amélioration», expliquant que «le pic a été enregistré en juillet dernier». Quant aux chiffres, dont la véracité est parfois contestée, il a soutenu que ceux-ci sont «vrais et parviennent quotidiennement des différents laboratoires publics et privés à travers les différentes wilayas». Il en veut pour preuve les hôpitaux qui ont «nettement moins de pression» et la reprise des services dédiés aux maladies. Mais cela ne signifie nullement que le relâchement est permis. «Les citoyens doivent contribuer à maintenir cette situation en amélioration» et «nous devons tous nous adapter à vivre avec le virus qui est encore en circulation», a relevé le membre du Comité scientifique, réitérant l’importance du port du masque, de la distanciation physique et du lavage des mains.
Concernant le vaccin anti-Covid que les pays du monde entier attendent avec impatience, il a indiqué que pour le moment il y a «cinq ou six laboratoires de recherche qui sont en état avancé, en phase 3, en attendant que l’Organisation mondiale de la santé annonce quel est le vaccin homologué, agréé, etc.». Il a assuré que l’Algérie, qui suit avec attention ce dossier, n’achètera qu’un vaccin qui aura eu le quitus de l’OMS, avant de répondre à une question sur le coût, que «la question de la santé publique prime sur la question financière».

186 nouveaux cas, 121 guérisons et 9 décès
Cent quatre-vingt-six (186) nouveaux cas confirmés de Coronavirus, 121 guérisons et 9 décès ont été enregistrés durant les dernières 24 heures en Algérie, a indiqué mercredi à Alger le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, Dr Djamel Fourar.
Le total des cas confirmés s’élève ainsi à 50.400 dont 186 nouveaux cas, soit 0.4 cas pour 100.000 habitants lors des dernières 24 heures, celui des décès à 1698 cas, alors que le nombre de patients guéris est passé à 35.428, a précisé Dr Fourar lors du point de presse quotidien consacré à l’évolution de la pandémie de Covid-19.
En outre, 12 wilayas ont recensé durant les dernières 24 heures moins de 9 cas, 28 n’ayant enregistré aucun cas, alors que 8 autres wilayas ont enregistré 10 cas et plus.
Par ailleurs, 25 patients sont actuellement en soins intensifs, a-t-il également fait savoir.
Le même responsable a souligné que la situation épidémiologique actuelle exige de tout citoyen «vigilance et respect des règles d’hygiène et de distanciation physique», rappelant «l’obligation» du respect du confinement et du port du masque.