Alors que les vacances scolaires touchent à leur fin, de nombreux parents d’élèves ont déjà anticipé l’achat des fournitures scolaires et certains manuels, et cela afin d’éviter le rush de la rentrée. Cependant, et comme chaque année, la question du poids du cartable s’est encore posée comme principale source d’inquiétude des parents, surtout ceux dont les enfants effectueront leur entrée en première année primaire cette année.

Trop lourd pour leurs petites épaules frêles, le poids du cartable ne devrait pas dépassé 10% du poids de l’enfant. Or, ces dernières années, il est question de plus d’une dizaine de kilos à porter, entre manuels, cahiers et classeurs. Kahina, jeune maman du petit Anis, qui s’apprête à faire sa première rentrée en classe cette année ne cache pas son inquiétude quant à l’énorme poids que devra porter son fils. «J’ai longuement réfléchi à cette question et pour moi il est inadmissible de laisser un petit enfant porter une telle charge sur son dos.  Je ne vois pas d’autre solution pour l’instant que d’acheter les manuels en double, mais cela n’est pas une solution pour tout le monde vu les prix des manuels, ce sont des frais en plus», a-t-elle déploré. Yasmine, autre maman, de son côté, n’a pas rechigné sur les moyens pour le bien-être de son petit. «Je laisse mon fils porter son cartable le moins possible. Au début j’avais opté pour un sac à roulettes mais vu l’état de nos trottoirs, je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait d’une mauvaise idée. Pour cette année, j’ai commandé via internet un sac ergonomique, dont les fabricants promettent une meilleure posture. Je n’ai pas envie que mon fils ait une scoliose», a-t-elle fait savoir.

A l’image de ces deux parentes, ils sont aujourd’hui nombreux à dénoncer «le cartable lourd» et à appeler la tutelle à trouver une solution pour soulager les bambins.  Un avis partagé par le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). «Cela fait déjà des dizaines d’années que le même problème se pose. Les cartables sont beaucoup trop lourds pour les écoliers, surtout pour ceux qui ne disposent pas de casiers et qui sont contraints de faire des kilomètres à pieds pour rejoindre leurs écoles», a indiqué Nabil Ferguenis, membre du Satef  pour qui, même avec l’introduction des manuels scolaires dits de 2e génération, le poids du cartable n’a pas été allégé. «C’est un problème qui persiste et qui menace le bien-être et la santé des enfants. Le ministère de l’Education doit  réfléchir à une solution à long terme. De nombreux parents achètent aujourd’hui les manuels en double pour que leurs enfants puissent faire leurs devoirs sans trimbaler des cartables très lourds», a-t-il fait savoir.  Dans ce sens, le syndicaliste a proposé la révision des contenus des manuels scolaires en les divisant en trois tomes. «La tutelle devrait songer à consacrer un manuel scolaire à chaque trimestre et cela afin d’alléger les poids des cartables. Cette solution me semble très correcte et faisable», a-t-il estimé.

Véritable problème qui angoisse les parents, le poids très lourds des cartables est, sans aucune exagération, un danger potentiel pour les enfants qui risquent la scoliose. Pour rappel, en 2012, plus de 4 000 élèves ont été diagnostiqués atteints de scoliose dans le milieu scolaire.