Bien qu’aucune date n’ait encore été fixée pour la rentrée scolaire, tout porte à croire que l’on s’achemine vers une reprise au début de novembre prochain après que la date du 4 octobre eut été définitivement écartée. Les indications sont multiples. Les déclarations de différents responsables la semaine dernière ainsi que la rencontre avant-hier du ministre de l’Education nationale avec les partenaires sociaux vont dans le sens de cette éventualité.

Le premier à l’avoir évoqué est le Dr Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. Il a affirmé, il y a quelques jours, que le retour à l’école, qui dépend de la situation épidémique de Covid-19 dans le pays, pourrait avoir lieu «vers la fin d’octobre ou au début de novembre si la baisse des contaminations se poursuit et quand toutes les conditions seront réunies», soulignant que le Comité scientifique étudie la question de façon à ne pas prendre le risque de mettre en péril la santé de 10 millions d’élèves et du corps enseignant.
Une indication que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, n’a pas confirmée mais n’a pas infirmée non plus lorsqu’il s’est exprimé sur la rentrée scolaire jeudi dernier, indiquant seulement avoir tenu une réunion avec le ministère de l’Education nationale sur le protocole sanitaire, le partage des classes par groupes, etc.
De son côté, le Dr Mohamed Bekkat-Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, tout en insistant que «le Comité ne fixe pas de date et que cela est du ressort des autorités», a lui aussi évoqué que la reprise pourrait avoir lieu vers le début de novembre. Dans sa déclaration, il a estimé qu’il faudra d’abord «préparer les établissements scolaires, les nettoyer, les désinfecter, les tracer. Il faudra aussi assurer le savon liquide et autres conditions pour l’application du protocole sanitaire…». «Ce sont des milliers d’établissements à préparer, il faut du temps», a-t-il ajouté, enchaînant, dans une déclaration à Reporters, qu’«il y a également le protocole sanitaire pour le référendum à mettre en place au niveau des établissements scolaires».
Il y a aussi le Pr Ryad Mahyaoui, également membre du Comité scientifique, qui a plaidé pour une reprise qui ne soit pas décidée de façon hâtive, mais sans exprimer quelle serait la période la plus indiquée. Il a déclaré souhaiter un «report de la rentrée scolaire» jusqu’à l’assurance que la courbe épidémique est stable dans tout le pays, soutenant qu’il ne faut «surtout pas se précipiter pour la réouverture des établissements scolaires», d’autant que «la concentration des élèves y est très forte», donc possibilité d’une forte contamination.
La dernière indication qui laisse peu de place au doute quant à une reprise des écoles en novembre vient après la rencontre dimanche du ministre de l’Education nationale avec les différents syndicats du secteur. Il en ressort que la majeure partie des partenaires conviés ont proposé la date du dimanche 8 novembre prochain, selon les échos qui nous sont parvenus (voir notre édition d’hier), soit une semaine après le référendum sur la révision constitutionnelle.
Ce sont donc autant de déclarations qui permettent d’avancer que la rentrée scolaire pourrait être programmée pour le mois de novembre prochain, surtout si la date du 8 novembre se confirme comme date consensuelle entre les syndicats et la tutelle. Il restera ensuite que la question soit tranchée dimanche prochain en Conseil des ministres lorsque le rapport sur les écoles et les universités sera présenté pour décider de la rentrée. Un rapport qui se basera d’abord sur la situation sanitaire du pays d’une façon générale. Sur ce plan, l’Algérie, actuellement, s’en sort plutôt bien est se trouve être épargnée par la forte vague de contaminations qui sévit dans de nombreux pays du monde. En effet, au moment où il est enregistré un million de personnes décédées à travers la planète et où l’Organisation mondiale de la santé évoque même une probabilité de voir ce nombre doubler, l’Algérie connaît une tendance baissière du nombre de cas.
La maîtrise de la situation, pour paraphraser les professionnels de la santé, a été rendue possible grâce à de nombreuses mesures prises dès l’apparition de la pandémie dans le pays, comme la fermeture des écoles et universités, la fermeture de l’espace aérien et des frontières maritimes et terrestres, l’arrêt des compétitions sportives, etc.
Le confinement total de Blida, qui était le foyer de l’épidémie dans le pays, ainsi que le confinement partiel décidé sous forme de couvre-feu dans plusieurs wilayas et l’arrêt des moyens de transport ont également contribué à limiter la propagation. Il y a également lieu de citer le confinement de tous les Algériens rapatriés de l’étranger. L’Etat a, en effet, confiné, dès leur arrivée, quelque 33 000 ressortissants rapatriés de 44 pays dans des hôtels pour s’assurer de la non-propagation du coronavirus s’il s’en trouvait des malades parmi eux. Toutes ces mesures et d’autres ont donné des résultats que les médecins qualifient d’encourageants, recommandant que ce sont des acquis à préserver et de continuer à respecter les mesures de prévention que sont le port du masque et la distanciation physique. n